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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 21:49



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... Revenons à nos moutons ( ou nos sangliers plutôt, en Ardenne c'est plus courant... )


... - Je voudrais prévenir Hélène. Elle viendrait jusqu'ici à l'insu de M. Drapeur.
... - Vraiment cette histoire m'enchante, dit M. Residore. Quel heureux divertissement vous m'apportez aujourd'hui! Un enlèvement! Roméo et Juliette!...
... - Il ne s'agit pas de cela, dit Gaspard qui devint rouge.
... - Allons, il ne s'agit pas de cela, mais c'est quand même une excellente mise en scène.
... Gaspard ne savait s'il devait se féliciter de cette désinvolture qui permettrait peut-être à Hélène de retrouver sa famille, malgré l'opposition de M. Drapeur, pour peu qu'Emmanuel Residore voulût participer à ce qu'il considérait comme une comédie.
... - Je suis producteur, expliqua M. Residore. Je finance des films. Je lance des vedettes. Je conseille les metteurs en scène. Je joue moi-même quelquefois. Mais je donnerais une fortune pour voir cette Hélène qui est si belle et si douée. Cher jeune homme, vous me présenterez ce joyau, je le présume?...
... Gaspard ne doutait pas qu'Emmanuel Residore ne fût complêtement fou, mais depuis le temps de Lominval il avait appris que l'originalité est la règle en ce monde, et qu'il faut avant tout ne pas contrarier les bonnes dispositions des gens que l'on rencontre.
... - Nous sommes entraînés dans le fantastique, voyez-vous, reprit Emmanuel Residore. La vie n'est pas autre chose qu'un film, je le répète sans cesse autour de moi.
... - Non, dit Gaspard. Hélène a le droit de chercher sa famille et son pays.
... - Voyez ce jeune homme qui va parler de droits et de devoirs, déclamait M. Residore, comme s'il s'adressait à un nombreux auditoire. Voyez ce jeune homme qui prétend que la vie pourrait valoir mieux qu'un film...
... Enfin, après de longs et inutiles discours, M. Residore déclara qu'il accueillerait Hélène avec d'autant plus de plaisir qu'elle viendrait à l'insu de son tuteur.
... - Voulez-vous que je lui écrive une invitation en bonne et due forme? demanda-t-il enfin.
... - Je préfère la renseigner d'abord, insistait Gaspard. je ne sais ce qu'elle fera ni ce qu'elle pourra faire.
... - Alors, à votre aise, jeune homme. Préparez-nous cette entrevue. Désirez-vous voir ma collection de moustaches de chat?...
... Gaspard y consentit. Il put se rendre compte des dimensions et de l'aménagement du château. On traversait des pièces aux meubles somptueux, mais il y en avait d'autres livrées aux araignées, où s'entassait un bric-à-brac déconcertant: des coquillages, des fragments de rochers, des pendules, des fléaux à battre le grain, des poêles de tout âge et de toute provenance, poêles russes, allemandes, flamandes...
... - C'est ici que je puise l'inspiration pour mes décors, disait M. Residore. Il me faut d'innombrables témoins de toute vie.
... On suivait des couloirs ornés de peintures, de statues, de queues de cheval. Gaspard aperçut aussi des chapeaux de tous pays et même des panneaux de signalisation, tels qu'on en voit sur les routes. les escaliers menaient indifféremment à des paliers de marbre ou à des étages complètement défoncés. Enfin, dans un lieu perdu de la maison, M. Residore ouvrit une porte basse qui donnait sur une pièce tapissée de tentures. Sur ces tentures étaient suspendus des cadres, et Gaspard put contempler à loisir des pelotes à épingles où l'on avait planté des moustaches de chat. Il y avait aussi des moustaches d'autres félins dont on lisait les noms écrits en lettres d'or au bas des cadres. 
... - Admirez, mon jeune ami, admirez, disait Emmanuel Residore. Imaginez la face des chats, des panthères et des jaguars. Tenez, celui-ci devait être un rêveur et celui-là très méchant. les moustaches très longues sont un signe de fierté, les courtes montrent l'arrogance.
... Et maint autres discours, dont Gaspard ne fut quitte qu'au bout d'une heure. Après quoi son hôte le conduisit à travers un nouveau dédale, jusqu'au perron du château. Gaspard regarda encore de tous ses yeux le paysage du lac dans la forêt, avec les bouleaux et les palmiers. Une auto énorme, longue comme une fusée, s'avança silencieusement devant le perron. 
... - J'ai donné mes ordres pour vous reconduire Maître Gaspard Fontarelle. Je vous présente Bidivert, dit M. Residore.
... Bidivert était un homme rond comme une boule, vêtu d'un costume écossais vert et noir. Il se tenait au volant de la voiture et il descendit pour saluer Gaspard...
... - Bidivert est mon homme d'action, expliqua M. Residore. Il a gagné des courses d'automobile, de bobsleigh, et mené mon yacht à la victoire. Il pourrait abattre un pan de forêt en une matinée...


.................................................................................  à suivre  ...

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 12:39




Noir Désir... 
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Il y a bien-sûr du " Rimbaud... " dans ce texte... à la manière de Morisson et des Doors... 
Une pensée pour Bertrand Cantat ( Quand la poisse se mêle de nos destins... ). 
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 21:54



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... La confession de Gaspard...

... - A la bonne heure! s'écria l'homme. Parlez avec confiance. J'ai vraiment un coeur d'or et je suis capable de réaliser vos désirs les plus excentriques, surtout même s'ils sont excentriques.
... Gaspard songea que le père Residore valait sans doute le fils, et qu'on pouvait compter sur lui du moment qu'on lui fournissait quelque occasion de se distraire. 
... - Je m'appelle Gaspard Fontarelle, dit le garçon. J'habitais à l'hôtel du Grand Cerf à Lominval.
... - Très intéressant, dit l'homme.
... Emmanuel Residore ne devait cesser de répéter ces mots tandis que Gaspard lui contait à peu près son histoire, mais il ne s'extasiait que lorsqu'il s'agissait du détail le plus banal. Gaspard se borna à lui dire qu'il était employé chez un diamantaire d'Anvers, et qu'au cours d'une croisière la pupille de M. Drapeur lui avait appris qu'elle désirait retrouver sa famille et son pays. Ni les dons d'Hélène, ni ses fugues, ni sa maladie, ni même le souvenir qu'elle avait un grand pays n'étonnèrent Residore. Il soulignait d'une exclamation extasiée les faits les plus ordinaires comme l'âge d'Hélène, le nom du secrétaire de M. Drapeur, le nom du yacht, le jour du départ pour les Bermudes, et celui de l'arrivée. De telle façon que Gaspard se trouva tout à fait désorienté et resta court au beau milieu de son histoire.
...- Veuillez poursuivre, jeune homme, dit Emmanuel Residore. J'adore les histoires. Vous me disiez qu'Hèlène est très douée, n'est-ce-pas?... 
... - Elle a étudié la musique.
... - Très intéressant. Poursuivez, je vous en prie.
... Gaspard dit comment il avait pénétré dans le parc après s'être perdu dans la forêt, et comment il avait été ébloui par le parc, les palmiers et les bouleaux dont l'ensemble rappelait si bien le pays décrit par Hélène. Enfin il parla du nom de Jenny qu'il avait cru découvrir, inscrit sur le volet.
... Il est passé beaucoup de monde dans ce château, dans le temps de l'occupation allemande, observa M. Residore. Moi-même je ne suis propriétaire du lieu que depuis peu de temps. Avant moi le château était occupé par une famille qui s'est dispersée. Il se peut qu'une femme s'appelât ou se fit appeler Maman Jenny et qu'elle ait eu un enfant de l'âge d'Hélène Drapeur. Ces gens se sont enfuis à l'arrivée des Allemands et ne sont pas revenus.
... - Pas tous revenus, dit Gaspard. Ne pouvez-vous?...
... - Je pourrais m'informer auprès du notaire qui a fait la vente, répondit M. Residore. Mais sans doute ne connaît-il que le nom du vendeur qui était un vieux général, lequel s'appelait Tristant Horpipe.
... - Tristan Horpipe, murmura Gaspard.
... Il regarda longuement à travers la baie le lac inondé de soleil.
... - Si hélène venait ici, dit-il enfin, elle reconnaîtrait les lieux. 
... - Comme j'aime ces imaginations d'enfants! Mais il faut informer sue le champ M. Drapeur, dit l'homme.
... - Je vous en prie, ne l'informez de rien, dit Gaspard. Il s'oppose à ce qu'Hélène cherche sa famille et son pays. Il ne veut pas qu'Hélène lui échappe un instant.
... - Je comprends, une fille aussi douée! M. Drapeur ne saurait souffrir qu'elle le quitte pour rejoindre une famille inconnue et pour courir après un rêve.
... - Il ne s'agit pas d'un rêve, dit Gaspard.
... - Comme j'aime cette spontanéité!... s'exclamait de nouveau M. Residore. Eh bien, que comptez-vous faire, jeune homme?...


...............................................................................  à suivre  ...

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 21:25



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...  Chapitre 10:                          Les INFINIES RESSOURCES
                                                 d'EMMANUEL RESIDORE 



... Gaspard se releva avec peine en se frottant les côtes. Il ne put que balbutier quelques mots d'excuse absolument vains.
... - Asseyez-vous, s'il vous plaît, dit le châtelain en lui désignant un fauteuil.
... Gaspard, qui tenait avec peine sur ses jambes s'effondra dans un fauteuil. Tous ses muscles étaient froissés. Il ne put retenir un cri de souffrance.
... - Certainement vous avez choisi une fâcheuse méthode pour pénétrer ici, reprit l'homme.
... - Je ne savais pas... dit Gaspard.
... - Etes-vous cambrioleur?... 
... Gaspard voulut se lever pour protester contre cette accusation. Il en fut incapable.
... - Sachez que j'adore ces sortes de gens, continua Emmanuel Residore, et particulièrement les assassins. Ne soyez donc pas gêné le moins du monde.
... Il appuya sur le bouton d'une sonnette. Un domestique en livrée parut aussitôt. Le châtelain lui ordonna d'apporter le breakfast pour lui-même et son hôte.
... - Vous nous servirez ici, dit-il. Mon jeune ami a été incommodé par son voyage.
... Le domestique ne s'étonna de rien et, dans la minute qui suivit, il apporta un plateau chargé de deux théières, de tasses, de miel, de brioches. Il y avait encore des cotelettes et mille autre chose sur ce plateau. Une table fut avancée devant Gaspard, et M. Residore s'assit sur une chaise en face de lui.
... Dès que l'homme s'était présenté à lui, il avait songé à Théodule Residore, et il se demandait s'il devait se recommander de lui? Cela ne lui parut pas opportun. Devrait-il plutôt prétendre qu'il s'intéressait aux collections du châtelain, aux moustaches de chat, par exemple?... Mais c'était tout à fait hors de saison. Puisqu'on l'y invitait il mangea et prit ainsi le temps de réfléchir. en vérité, avec Emmanuel Residore, toute réflexion et toute parole sensée semblaient vaines.
... - Seriez-vous un simple camp-volant, un nomade, ou un baladin?... demanda-t-il encore au garçon.
... - Presque, dit Gaspard.
... - Etrange réponse. Enfin, auriez-vous quelque chose à me vendre ou à me proposer?...
... - Quoi donc s'il vous plaît?
... - Je vous le demande. Certes, je paierais très cher une simple idée. J'achète souvent des idées.
... Gaspard était de plus en plus éberlué. Il s'étrangla avec son morceau de brioche. Il n'arrivait pas à comprendre quelle sorte d'homme était Emmanuel Residore.
... - Vous avez tort de ne pas goûter à mes côtelettes, dit celui-ci. J'ai un excellent cuisinier.
... Gaspard était hautement agacé par cette prétention, et il trouvait l'homme peu élégant, malgré ses manières affectées, s'il le comparait à M. Drapeur. Se pouvait-il qu'Hélène appartînt à la famille d'Emmanuel Residore? Il regarda vers la grande baie. Il aperçut alors de nouveau l'étendue du lac dans la forêt, les bouleaux et les palmiers que le soleil du matin inondait.
La beauté du paysage lui fit venir des larmes au fond des yeux. C'était bien là le grand pays. Que venait faire dans un tel décor, ce polichinelle accueillant et suspect, qui ne songeait même pas à le quereller?...
... - Il n'y a pas d'autre endroit au monde comparable à celui-ci, dit Emmanuel Residore. Des bouleaux, des palmiers et une eau couleur de mer. Il y avait aussi des pommiers autrefois, mais je les ai abattus. Ils étaient trop près des bâtiments.
... - Vous aviez des pommiers?... s'exclama Gaspard.
... Il ne manquait plus que la terre noire.
... - En quoi cela vous étonne-t-il?...
... Gaspard éprouva la nécessité absolue de s'informer. Pour Hélène, il devait savoir la vérité, et parler de Jenny...
... - Je vais vous expliquer pourquoi je suis venu ici, commença Gaspard, et pourquoi j'ai cherché à pénétrer dans votre château...

..............................................................................  à suivre  ....

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 17:02



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... En se glissant le long des murs, les garçons étaient revenus devant la façade. Un peu avant d'arriver à l'angle de l'aile, non loin du perron, ils remarquèrent une croisée sur laquelle étaient rabattus les contrevents tout de guingois et que l'on pourrait ouvrir facilement.
... - Fais le guet, dit Ludovic à Jérôme. Mais personne n'est encore réveillé à cette heure, et on ne risque rien.
... Jérôme s'avança jusqu'à l'angle pour observer le cadre des bâtiments autour du grand perron. Il n'y avait aucun signe de vie. Les maîtres étaient peut-être absents.
... Gaspard monta sur les épaules de Ludovic. Comme il le supposait, rien n'était plus facile que de rabattre un volet. Derrière les volets, il n'y avait pas de fenêtre. Gaspard comprit que le château avait subi pendant la guerre des dégradations qu'on n'avait pas encore réparées. Ces traces du désordre de la guerre donnaient une réalité nouvelle à l'histoire d'Hélène.
... Gaspard se rétablit sur l'appui de l'encadrement. A l'intérieur régnait une assez grande obscurité. Il se tourna pour pousser l'autre volet. Alors il vit sur le bois du volet un nom écrit en longues lettres  fines, à demie effacées, où il crut lire le nom de Jenny...
... Est-ce que ce fut la surprise, ou bien s'y était-il pris maladroitement pour rabattre le deuxième volet? Gaspard tomba brusquement en arrière. Il chercha vainement à se raccrocher. Il sut que de nouveau il était en proie à une folle nature qui l'entraînait dans quelque affaire inconsidérée.
... Il crut d'abord qu'il n'en finirait pas de tomber. Il prit contact, non avec le parquet d'une pièce, mais avec un escalier dont les degrés lui brisèrent les reins et le dos.. Cet escalier était parfaitement ciré et les marches assez roides, si bien que Gaspard fut aussitôt emporté dans une glissage vertigineuse.
... Il n'eut pas le temps d'y songer qu'il arrivait sur un autre escalier, large comme un perron, et couvert d'une épaisse moquette sur laquelle il roula. Après avoir dévalé ces derniers somptueux degrés, il se trouva couché à plat ventre au milieu d'un tapis de Perse aux vives couleurs.
... Il demeura tout étourdi pendant quelques secondes. Quand il releva le nez, il s'aperçut qu'il était dans un salon qu'ornaient des meubles surchargés de dorures. Les doubles portes, les panneaux, le plafond étaient aussi abondamment pourvus de réseaux d'or. Un lustre grand comme une douzaine de ruches. Enfin, Gaspard vit s'avancer un homme vêtu d'une robe de chambre jaune et verte avec des glands d'argent. Il ne tenta même pas de se mettre debout. L'homme lui dit:
... - Je me présente: Emmanuel Residore... Qui ai-je l'honneur d'accueillir?...


................................................................................  à suivre  ...

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 20:56



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... Est-ce le pays d'Hélène???...


... Ils ne pensaient pas à la faim qui leur serrait l'estomac.
... - C'est trop beau, dit enfin Gaspard. Il faut aller aux informations.
... Il ne tint pas compte des objections de Jérôme, qui voulait qu'on rejoignit d'abord Niklaas. Ludovic traita Jérôme de capon et l'on s'approcha prudemment du château.
... Ils restèrent d'abord un moment à l'orée du petit bois de bouleaux pour examiner la façade qui était orientée vers le lac. Elle leur apparut, de près, beaucoup moins brillante qu'ils n'avaient cru. Si les pierres et les fenêtres du centre se présentaient dans un bel apparat, ainsi que le vaste perron en pierre de Givet, les ailes semblaient moins bien entretenues. Des fissures parcouraient les murs de l'aile gauche et certaines fenêtres avaient été condamnées sommairement par des panneaux de bois, comme si le châtelain avait dû renoncer à entretenir toutes les parties d'une trop vaste demeure. Les garçons contournèrent ensuite les bâtiments en suivant le sous-bois. Par derrière, les murs étaient verdis par les pluies, le bord de la toiture était couvert de mousse. De ce côté, tout semblait mort. Quatre étages de fenêtres fermées, dont maints carreaux étaient brisés. Ils s'approchèrent et longèrent l'immense bâtisse de façon à revenir vers l'aile de gauche, qui était plus proche du lac. Gaspard était agité par des sentiments confus.
... - Vous allez me faire la courte échelle, dit-il enfin. Je veux tâcher d'entrer par une fenêtre pour regarder à l'intérieur.
... - A quoi cela te servira-t-il? dit Jérôme. Si tu te fais prendre, on t'arrêtera comme voleur. Il faut chercher le concierge ou un domestique et s'informer sans avoir l'air de rien.
... - Sans avoir l'air de rien, reprit Ludovic en singeant son frère. Va le voir, ton concierge, et tu lui expliqueras comment tu es venu jusqu'à ici et il te croira certainement lorsque tu lui raconteras que tu as passé le mur sans le faire exprès...
... - Je veux jeter un coup d'oeil, reprit Gaspard, et aussitôt on ira retrouver Niklaas...
... Une idée, comme on dit, et en vérité une idée de gamin. Les enfants sont presque aussi curieux que les hommes, mais ils ne savent pas que la curiosité et la fatalité vont toujours de pair...

..............................................................................  à suivre  ...

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 22:28



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... !!!...


... Les garçons n'échangèrent aucune parole. Ils restèrent longtemps les yeux fixés sur les palmiers, puis lentement, ils parcoururent du regard les alentours. De l'autre côté du lac, la forêt se relevait en moutonnements gigantesques. De place en place, des bois de hêtres, de sapins ou d'épicéas s'élevaient au-dessus de cette masse et donnaient la mesure de l'étendue, car ils semblaient perdus dans l'immensité. Le lac lui-même avait de prodigieuses dimensions. A mesure que la lumière du jour devenait plus précise, les couleurs variées de l'eau, les vagues légères que soulevait le premier vent et les reflets de la forêt d'en face apparaissaient dans un scintillement infini. Lorsque le soleil fut monté au-dessus des arbres qui s'illuminèrent lentement par vastes zones, les fenêtres du château étincelèrent et l'eau du lac devint bleue. jamais les garçons n'avaient imaginé une telle splendeur.
... - Le pays d'Hélène, dit Ludovic.
... - C'est son pays, dit Jérôme.
... - Le grand pays... murmura Gaspard...

.....................................................................................  à suivre  ...

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 21:41



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... Le Pays se précise...

... Ils étaient à bout de forces. Dès qu'ils furent étendus sur l'herbe, ils s'endormirent. Leur sommeil ne fut pas de longue durée, car la fraîcheur de la nuit les pénétrait. Ils s'éveillèrent dès l'aube et ils examinèrent les alentours.
... Ils se trouvaient sur une parcelle de gazon, en bordure d'une futaie de hêtres, devant un long buisson de troènes serrés. Le ruisseau coulait très lentement à cet endroit et ressemblait à un petit canal. Ils prirent le parti de se glisser entre les troènes de façon à ne pas perdre de vue le ruisseau. Après quelques instants, ils aperçurent une brusque éclaircie dans le buisson et ils découvrirent un spectacle inattendu.
... Ils étaient parvenus sur le bord d'une immense pièce d'eau. Vers leur droite, elle fuyait à perte de vue, de place en place ornée de nénuphars et de nymphéas, parmi lesquels s'élevaient des oiseaux gris et lumineux dans les premières lueurs du jour. A l'extrémité de ce bassin qui se creusait en pleine forêt, les arbres avaient été coupés et toute végétation fauchée de telle façon que l'eau semblait toucher l'horizon. Mais en se tournant de l'autre côté, les garçons éprouvèrent un nouvel étonnement.
... Non loin de l'endroit où ils étaient parvenus, la pièce d'eau s'élargissait en une sorte de baie. cette baie était encastrée par des chênes et des bouleaux et baignait une vaste grève autour de laquelle s'alignaient, dans des caisses, des orangers et des palmiers. Derrière les palmiers s'élevaient les bâtiments d'un énorme château...


.................................................................................... à suivre .... 


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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 21:47



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... Escapade en forêt d'Ardenne:


... Au bout d'une demi-heure, pendant laquelle ils avaient gardé le plus grand silence, Gaspard murmura, d'une voix très basse, qu'il valait mieux s'écarter du chemin pour retrouver la lisière par une autre voie. Ils s'avancèrent très lentement, sous un taillis,  et ils mirent peut-être une heure à faire deux cents pas, en prenant les plus grandes précautions pour ne pas faire craquer les branches mortes sous leurs pieds. Par bonheur, le taillis n'avait pas une grande largeur, et ils arrivèrent dans une futaie de longs hêtres, assez espacés, où tombaient de légères lueurs. Ils marchèrent d'abord dans une direction parallèle à la lisière et quand ils jugèrent qu'ils s'étaient suffisamment éloignés, ils se rabattirent vers cette lisière. Ils n'avaient pas compté que la forêt forme des golfes et des caps sur la campagne. ils retrouvèrent un taillis serré où ils firent de nombreux détours. Ils constatèrent bientôt qu'ils s'étaient égarés. Ludovic monta sur un arbre pour s'orienter d'après les toiles. Le village de Treinte devait être à l'ouest. Mais en suivant cette direction, ils furent de nouveau déroutés par les replis de la forêt. Ils arrivèrent à un sentier dont ils parcoururent un bon kilomètre. Ils revinrent sur leurs pas, et prirent finalement le parti de ne pas quitter ce sentier, quel que fût l'endroit où il pouvait aboutir.
... - Nous avons peut-être passé la frontière, dit Gaspard.
... - Comment ferons-nous? gémissait Jérôme.
... - Demain matin, nous nous débrouillerons, dit Ludovic rageusement.
... Ils traversèrent une futaie de bouleaux, après quoi le sentier se perdit au milieu d'un bois d'acacias. Ils se trouvèrent bientôt environnés de branches épineuses qui semblaient avoir poussé tout d'un coup autour d'eux. Plus ils avançaient, plus ils s'y empêtraient...
... - Il faut nous tirer d'ici, et aller dormir dans un meilleur endroit en attendant le jour, dit Gaspard. Si nous continuons, nous ne ferons que des bêtises.
... - Ecoutez, dit Jérôme.
... - Tais-toi, dit Ludovic en lui tordant le poignet.
... Ils continuèrent à se débattre au milieu des rejets épineux, non sans se déchirer ni se faire de longues estafilades. Jérôme poussa un cri.
... - Qu'est-ce qu'il y a encore? dit Ludovic.
... - Venez, dit Jérôme en claquant des dents. Ma main... J'ai touché...
... Il était incapable de parler. Ludovic et Gaspard allèrent à côté de Jérôme et ils avancèrent leurs mains. Ils furent étonnés de sentir les pierres d'un mur...
... Ils longèrent le mur. C'était une enceinte assez élevée qui devait entourer un grand parc. Par endroits les pierres étaient effondrées au milieu des ronces et des acacias. Les trois garçons, après avoir culbuté sur les pierres et s'être embarrassés au milieu des ronces, parvinrent à une trouée qu'ils franchirent. Leur seule idée, c'était d'échapper à la prison de cette forêt. Ils savaient qu'on pouvait errer pendant des jours sans rencontrer âme qui vive, ni découvrir la moindre issue.
... De l'autre côté du mur, c'étaient d'assez hautes charmilles où l'on pouvait marcher sans encombre.
... - La forêt qui recommence, dit Jérôme.
... - Tais-toi, dit Ludovic.
... Ils entendirent le bruit léger d'un ruisseau. Ils se dirigèrent vers le ruisseau. Ils cherchèrent à atteindre la berge afin de la suivre. Ils durent alors pénétrer dans un fourré encombré de clématites et d'épines. Après avoir lutté très longtemps, ils s'en dégagèrent et parvinrent au ruisseau dont le cours se poursuivait sous des sapins. Après une nouvelle heure de marche, ils furent arrêtés par un autre fourré...
... - Il faut attendre le jour, dit finalement Gaspard.


..................................................................................   à suivre  ....

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 22:51



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... Enième escapade de Gaspard.

... - Tu claques des dents, souffla Ludovic qui venait de sauter à son tour.
... Niklaas continuait de ronfler. Ils prirent un chemin qui s'éloignait du village, puis ils montèrent à travers champs vers la forêt. Après avoir suivi la lisière encombrée de ronces, ils parvinrent à une allée qu'ils suivirent.
... Le vent était presque tombé, et l'on n'entendait que de loin en loin frémir quelques feuillages élevés. Sous les bois régnait une obscurité presque complète. on était guidé seulement par la bande étoilée qui dominait le chemin.
... - Je ne comprends pas ce que tu veux, soufflait Jérôme.
... - C'est ma forêt, dit Gaspard. Je suis né près de cette forêt.
... Sans même le savoir, il avait la conviction que tout ce qui ferait sa vie lui serait donné par la forêt. Il y a dans les bois une grande paix fraternelle. La nuit, dans les ténèbres, on y perçoit plus de choses que pendant le jour, car les moindres bruits ont une portée considérable. les garçons s'arrêtèrent pour écouter des froissements légers de feuilles mortes au passage du gibier qui gagnait les lisières. Puis il y eut une bousculade assez brutale dans le lointain.
... - Un sanglier, murmura Gaspard.
... Jérôme tremblait de tous ses membres, Ludovic lui tira les cheveux. Alors, on entendit un pas d'homme dans la boue de l'allée. Gaspard saisit ses amis par le bras et les entraîna sur le côté. Il y avait là de hauts épilobes dans une clairière de quelques mètres carrés. En s'accroupissant, on voyait les fleurs noires au milieu des étoiles. Les garçons s'étaient glissés derrière le rideau d'épilobes. Les pas se rapprochèrent, et un homme passa. Ils ne purent distinguer la silhouette, mais quand ils voulurent quitter leur retraite, ils aperçurent son ombre immobile contre le ciel à l'entrée du chemin. Ils attendirent. L'homme s'assit et ils ne le virent plus, mais ils savaient qu'il restait là à épier. Ce pouvait être un douanier... 

....................................................................................  à suivre  ...

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Présentation

  • : Le blog de Alain LECLEF
  • Le blog de Alain LECLEF
  • : Ce blog est destiné à présenter un court-métrage cinéma autour d'Arthur Rimbaud et de Nina... Voilà donc une approche par divers poèmes, d'Arthur bien-sûr... mais aussi d'autres poètes proches de lui... comme Emile Nelligan... de Léo Ferré pour sa musique et ses mots... ainsi que divers articles, images et extraits musicaux... Une balade aussi bien-sûr en Abyssinie... pour essayer de comprendre... Merci aux futurs lecteurs...
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