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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 22:17



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... Quelques secondes passèrent pendant lesquelles Théodule parut attentif au chant d'un merle que les autres garçons entendirent eux-mêmes, malgré le périlleux embarras de leur situation.
...  Théodule revint le premier à la réalité. il fit signe à ses amis de s'éloigner le plus doucement possible, de façon à éviter de déclencher la fureur de la terrible bête, qui paraissait pour l'instant se désintéresser un peu des circonstances. Jérôme et Ludovic s'étaient déjà effacés derrière l'ours, et Gaspard se glissait autour de son arbre.
... - La camionnette, souffla Théodule.
... Gaspard, Jérôme et Ludovic aperçurent la camionnette entre les arbres. on avait tourné dans la forêt, en sorte qu'on était revenu non loin de la clairière. Si l'on pouvait filer jusqu'à la voiture, on s'y enfermerait. C'était la seule solution raisonnable, en tout cas, Gaspard fit quelques pas avec précaution. Jérôme et Ludovic de leur côté s'écartèrent. L'ours demeura lourdement assis, balançant sa tête à droite et à gauche comme s'il mélangeait des pensées. Les garçons s'arrêtèrent, osant à peine respirer, puis ils firent encore quelques pas et s'arrêtèrent de nouveau. Théodule commandait d'un signe les départs et les arrêts. 
... - On y va, dit-il enfin.
... Tous s'élancèrent vers la camionnette avec une agilité inouïe. Comme ils étaient à vingt pas de la voiture, ils sentirent l'ours sur leurs talons. L'animal avait bondi et chacun s'attendait à recevoir tout son poids sur les épaules. Cependant, l'ours ne se livra à aucune agression. Il passa en coup de vent entre Jérôme et Gaspard qui sentirent le frôlement de l'énorme fourrure, et il s'arrêta derrière la camionnette.
... Les garçons, qui voyaient presque à leur portée les portes ouvertes du fourgon, durent soudain renoncer à tout espoir. Ils stoppèrent brusquement. L'ours s'était tourné de leur côté et semblait les narguer. Ce fut à ce moment que Niklaas sortit du fourré...

......................................................................................  à suivre  ...

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 14:18




A écouter religieusement...
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Francis Cabrel  " La corrida... "
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 22:48




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... Très long douzième et dernier chapitre...
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                                                  OU  L'ON  DECOUVRE  ENFIN 
                                                        LE  GRAND  PAYS...



... Niklaas, qui se tenait de l'autre côté du fourré , ne soupçonna pas l'événement. Jérôme et Ludovic, lorsqu'ils aperçurent l'ours, furent cloués sur place. Ils étaient l'un et l'autre, à vingt pas de Gaspard. Ils n'eurent même pas l'idée de se sauver...
... L'ours s'était avancé en regardant de part et d'autre. Sa fourrure magnifique ondulait sur son corps qui se mouvait avec une prudente et cruelle lenteur. Ses yeux brillaient. Gaspard, étendu de tout son long, n'osait pas non plus bouger. Lorsque le mufle de l'ours fut au-dessus de lui, il se ramassa sur lui-même. l'ours détourna la tête, Jérôme venait de s'avancer.
... Il est bon de corriger ses défauts, mais on ne peut y parvenir sans une grâce du ciel. Peut-être Jérôme avait-il tellement peur qu'il ne savait plus ce qu'il faisait . Lorsqu'un danger assez terrible se présente, la nature entière semble changer. Le ciel bleu entre les branches et le silence devenaient fantastiques. Jérôme s'arrêta à quelques pas de l'ours. Il demeura immobile, en proie à une hésitation désespérée. Gaspard venait de se relever. Alors Ludovic s'avança à son tour. Gaspard recula un peu, s'adossa à un arbre tout saisi d'horreur. L'ours se dressait sur ses pattes de derrière.
 ... Cette scène se déroula en quelques instants. On entendit Niklaas qui se frayait un passage dans le fourré. L'ours marcha pesamment jusqu'à Gaspard. Jérôme et Ludovic se trouvaient maintenant derrière l'ours.
... La bête dominait Gaspard de deux coudées. Ses pattes de devant s'abattirent sur l'arbre, où les griffes s'enfoncèrent au dessus de la tête du garçon.
... L'attitude de l'ours était très étrange. il semblait animé par une curiosité cruelle, et sa férocité demeurait sournoise et méfiante, bien qu'il fût cent fois le plus fort. Jérôme s'était avancé. Il y avait lieu de croire qu'il était soudain privé de toute raison. En tendant le bras, il pouvait toucher l'ours. Il tendit le bras et saisit l'épaisse fourrure.
... L'ours se laissa retomber sur ses pattes de devant, comme pour obéir à la main de Jérôme, et voici le fait le plus extraordinaire qui ait été rapporté sur cette histoire: le visage de Jérôme était tout souriant. Ludovic lui-même, transporté par on ne sait quelle inspiration fabuleuse, se mit à parler avec douceur. Il dit simplement:
... - C'est peut-être un ours apprivoisé.
... Gaspard ouvrait des yeux grands comme des lunes. Il savait qu'une catastrophe s'était déclenchée et que, de toute façon, il y aurait à pâtir. Mais l'ours tendit l'oreille aux paroles de Ludovic. Jérôme avait laissé sa main sur la fourrure.
... - Il a un collier, dit Ludovic.
... Il faut croire que la voix de Ludovic était aussi belle qu'une chanson, à ce moment-là. L'ours venait de s'asseoir et l'écoutait avec un intérêt prodigieux.
... - Laisse-nous en paix, disait Ludovic. Nous sommes amis de la paix.
... Ce fut à ce moment que Théodule entervint. Il s'était éloigné un peu plus que les autres, tandis qu'on poursuivait le cheval et, après un détour, il revenait sur le fourré. Il avait assisté à la scène, et s'était avancé sans bruit. Son intervention eut quelque chose de plus surprenant encore que la conduite de Ludovic, mais par surcroît, complètement inutile. Théodule se borna à dire:
... - Maintenant, j'entends les oiseaux. 
... Nul doute qu'il ne fut en proie lui-même à une épouvante merveilleuse qui l'avait soudain guéri de sa surdité. a la fois enchanté et désolé des circonstances, il dit encore: 
... - Je remercie tous les saints du ciel...


..........................................................................  à suivre  ...

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 22:04



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... Suite!!!...

... Personne n'osait rien dire au sujet du grand pays d'Hélène. Niklaas lui-même ne pouvait exprimer ce qu'il pensait vraiment. Ce fut avec gravité que l'on trinqua, vers la fin du repas, à la santé d'Hélène et au souvenir du pays inconnu où l'on n'arrive jamais...
... On ne sait pourquoi tous les yeux se tournèrent alors vers Gaspard. Sans aucun doute, on attendait de lui quelque chose, lui qui ne pouvait rien à rien. Ce fut Niklaas qui dit pour plaisanter:
... - Toi, Gaspard, il ne te reste plus qu'à provoquer une catastrophe d'un nouveau genre, si tu ne veux pas retourner à Lominval.
... - Non, dit Gaspard avec effroi.
... Les plaisanteries deviennent quelque fois chose sérieuse, et l'on se trouve rappelé à une réalité qu'on ne soupçonnait pas. Au moment même où Niklaas prononçait ces mots, on entendit un léger froissement dans le taillis. En se tournant, tous aperçurent parmi les feuillages la belle tête du cheval pie. On l'avait tout à fait oublié. Chacun ressentit un frisson. Gaspard dit, comme pour conjurer le sort:
... - C'est mon ami...
... Le cheval ne bougeait pas et semblait attendre qu'on vînt lui passer un licou.
... - Je voudrais simplement le caresser une dernière fois, dit Gaspard.
... Il se leva et s'avança vers le taillis, mais le cheval fit volte-face et disparut. Alors, tous s'avancèrent et sans s'être concertés, se dispersèrent pour essayer de cerner le cheval.
... Le taillis se composait de charmes et de noisetiers assez espacés. Par endroits, il y avait quelques profonds fourrés. Le cheval ne s'était pas beaucoup éloigné. On l'aperçut bientôt entre les branches. Néanmoins, quand on resserra le cercle autour de lui, il se déroba de nouveau. On le poursuivit encore et finalement, tous se retrouvèrent autour d'un très grand hallier, qui s'élevait dans une fondrière.
... - Il ne doit pas être ici, cria Niklaas, il me semble que j'ai entendu son galop un peu lus loin.
... - Fouillons quand même le hallier, dit Ludovic. Il y a quelque chose qui remue là-dedans.
... Gaspard s'avança le premier. Il écarta une liane de clématite et quelques branches pour se frayer un passage. Mais aussitôt, il recula si précipitamment qu'il tomba à la renverse. Un ours énorme venait de surgir du fourré...


..............................................................................  à suivre  ...

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 23:00

 



Pour ceux ou celles qui se souviennent... pour les autres aussi bien-entendu!!! A écouter et réécouter... en se disant que tout de même on avait de la chance...
 

 

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 22:18



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... Gaspard frissonna en entendant ces mots. Il était pour sa part tout-à-fait décidé à mourir plutôt que de provoquer quelque incident.
... - De belles résolutions, constatait Niklaas, de louables efforts. Mais que nous est-il demandé de plus que d'attendre la lumière du ciel?...
... Enfin, arriva le dernier jour qu'ils devaient passer ensemble ( il avait bien fallu convenir d'un dernier jour ). C'était un dimanche de septembre, Théodule avait en vain tenté de parler à son père. M. Résidore prétendait être occupé par l'idée d'un film, et, en ce cas, aucun être au monde n'avait le droit de lui adresser la parole.
... Ce dimanche-là, après la messe à Vireux où l'on s'était rendu avec la camionnette, on partit en pique-nique afin de célébrer ce dernier jour. La camionnette fut chargée de victuailles et Niklaas conduisit la voiture dans une allée de la forêt, vers les pentes de la Meuse. On s'arrêta à l'entrée d'une clairière d'où l'on pouvait voir le fleuve au fond de la vallée, entre les troncs des grands chênes sous lesquels on déballa les provisions.
... - Une belle vallée, disait Niklaas, en débouchant une bouteille, une des plus belles du monde.
... Les cimes des arbres étagés sur la pente se mouvaient dans le vent, au-dessus de l'eau bleue qui fuyait entre les feuillages d'un grand ravin plein de douceur. On entendit la trompe d'une péniche lointaine, venue du fond de la forêt...
... - Je connais bien la région, dit Niklaas. Je l'ai parcourue autrefois. On débouche des bois et l'on voit des usines et des villes perdues. On travaille beaucoup dans cette vallée. Nous avons eu la chance de courir le monde. Il est juste que nous prenions notre part de besogne comme tous les gens de la vallée et comme Hélène le fera.
... A mesure que l'on poursuivait le repas, il devenait évident pour chacun qu'il fallait reprendre la vie ordinaire. Mais on ne pensait ni au travail ni aux sermons de Niklaas. On était saisi par l'air vif du mois de septembre. il y avait dans cet air et dans cette forêt quelque chose de brutal qui ravivait l'ardeur de la vie. Jamais on n'oublierait.
... En regardant cette belle vallée, on a le loisir de songer que la terre entière c'est le grand pays, mais cela ne nous satisfait pas complètement. On se dit qu'il faut rendre la terre encore plus belle, par le bonheur des hommes, et par les histoires que l'on apprend inlassablement. Il semble que la vie restera toujours inachevée. mais on demande une chance supplémentaire...

.............................................................................   à suivre  ...

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 22:19



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... On reprend l'histoire de Gaspard...


... Les conseils de Niklaas n'eurent aucun effet, en vérité. Les garçons ne voulaient pas céder. Ils feraient n'importe quelle tentative pour voir Hélène. Corriger d'abord leurs défauts? A quoi cela les avancerait-il?...
... - Eh bien, dit Niklaas, cela nous permettra tout au moins de rester ensemble encore quelque temps. Ce serait une occupation comme une autre, et aussi agréable que la pêche à la ligne. Si Théodule le veut bien, nous passerons encore avec lui quelques heureux jours à chercher la sagesse.
... - Une semaine? Deux semaines? demandait Gaspard.
... Sans doute, Niklaas songeait-il que la vertu consiste d'abord à prendre son temps. Ainsi l'on bavardait. Jérôme déclarait que son plus grand désir était de ne plus avoir peur et Ludovic qu'il rêvait de garder la paix du coeur en toutes circonstances. Mais l'un et l'autre savaient bien que c'était encore plus difficile que de découvrir le grand pays. Théodule, qui sans doute n'entendit pas plus que d'habitude le quart de ces paroles, s'exclama soudain que rien au monde ne le délivrerait d'une surdité qui l'accablait. Quant à Gaspard, il garda le silence. pour sa part, comment échapper à une fatalité de catastrophes? C'est bien l'affaire à laquelle personne au monde ne se dérobe.
... En ces derniers beaux jours, le cheval, qui se remettait de son mal, paissait en cheminant dans la prairie, tandis qu'on poursuivait les travaux des champs et qu'on passait de longues heures à deviser. Les campeurs venaient rarement à la ferme, sinon pour demander de l'eau ou du lait ou quelques provisions. De temps à autre on allait leur parler, et un soir, Niklaas avec Ludovic et Jérôme leur donnèrent un petit concert. C'était encore le plein été, les vacances. La joie des champs et de la forêt. Seule Hélène manquait. Et il fallait savoir qu'Hélène manquait, faire quelque chose pour marquer son souvenir. Ce fut cela plus que toutes les paroles de Niklaas qui engagea d'abord Jérôme à entre prendre de vaincre son terrible défaut. Chacun répétait:
... - Si nous étions différents, tout changerait. Nous découvririons le grand pays...
... Simples façons de parler. Cependant, Jérôme décida de se rendre seul, chaque nuit dans la forêt. Il s'y promena, les cheveux dressés sur sa tête, au milieu des mystères et des bruits. On le voyait revenir avec des yeux agrandis, et grelottant comme s'il sortait d'une glacière. Ludovic s'exerça, avec l'aide de Gaspard, à dominer ses élans inconsidérés. Gaspard avait la charge de l'exciter et de lui dire des choses désagréables auxquelles Ludovic s'ingéniait à répondre avec courtoisie. Ludovic ne cessait guère de bouillonner de colère, mais il parlait avec douceur. Immanquablement, la conversation finissait par une bataille, Ludovic ne pouvant jamais supporter que Gaspard lui fit chaque fois remarquer que ses oreilles rougissaient plus qu'il n'était convenable.
... Quant à Théodule, on le surprit qui cherchait à écouter les oiseaux...
... - Si je faisais bien attention, disait-il, je pourrais suivre le chant du merle. Mais je n'ai pas plus de cervelle que mon père.
... Il prétendit enfin qu'il avait perçu le cri d'une buse en haut du ciel...
... - Le cri d'une buse, disait Niklaas. Qu'est-ce que cela peut annoncer?...

..................................................................................  à suivre  ....

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 16:39

 



Merci Léo...
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 22:41



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... Ludovic se fit fort de montrer que son frère avait tort, et le lendemain, il se présenta au concierge avec tout l'aplomb dont il était capable. Il réussit  à entrer, et l'on crut un moment qu'il en était déjà venu à ses fins, car une heure se passa sans qu'on le vît ressortir. Finalement ce fut accompagné de Bidivert en personne qu'il reparut, et Bidivert secouait le garçon d'une telle manière qu'on ne pouvait douter de la nature de l'accueil qui lui était fait. Ludovic reçut enfin un coup de pied au derrière.
... - Ces gens sont impossibles, avoua Ludovic à ses amis. Je les ai pourtant raisonnés de phrases ronflantes: Bidivert était notre ami, il m'avait sauvé la vie à moi et à mon frère, etc... Ils m'on fait pénétrer dans une salle d'attente où j'ai tourné pendant une heure sans trouver un moyen de filer. Après quoi vous voyez ce qui s'est passé.
... Bref, cet organisme cinématographique était commandé par un mécanisme implacable. Lorsque Niklaas connu le résultat de ces tentatives, il déclara que tout lui semblait normal:
... - Nous n'avons pas à nous inquiéter d'Hélène. Gaspard retournera à Lominval. Moi, je vais repartir sur les routes tandis que Théodule continuera de travailler sur sa ferme. Vous verrez plus tard Hélène sur les écrans s'il vous arrive d'entrer dans un cinéma. Ce sera une actrice parmi d'autres, tandis que nous sommes de modestes travailleurs parmi d'autres. A quoi bon lui enlever son espoir? Que pouvons-nous lui donner en échange? Elle comprendra elle-même un peu plus tard ce qu'elle doit faire.
... Ces sages paroles ne convainquirent pas les garçons. On s'était réuni à la nuit tombée comme d'habitude. Dans la paix des forêts environnantes, la petite ferme de Théodule semblait perdue, et toute parole s'envolait comme une chanson nostalgique.
... - Nous nous sommes donné du bon temps, poursuivait Niklaas. Toi, Gaspard, tu es allé jusqu'aux Bermudes et nous avons erré avec toi sur les routes de Belgique. Tu as appris beaucoup de choses, que tu pourras méditer lorsque tu seras retourné comme nous à tes occupations coutumières.
... - Je ne demande pas mieux, dit Gaspard. Qu'y-a-t-il de commun entre Hélène et moi? Mais j'ai l'idée que cela ne peut finir ainsi.
... - Que voudrais-tu encore? demandait Niklaas. 
... - Si nous n'étions pas si ignorants, dit Gaspard, si nous étions meilleurs, nous saurions ce qu'il faut faire, et nous découvririons ce que nous voulons.
... Dans le ciel, on voyait au-dessus de la forêt tomber des étoiles filantes...
... - Lorsque tombe une étoile filante, on dit qu'il faut former un voeu, murmura Niklaas. Formons le voeu que vous vous corrigerez d'abord de vos défauts, et la vie vous paraîtra plus belle. Peut-être comprendrez-vous mieux alors ce que vous devez faire, et un jour, nous retrouverons Hélène et nous lui parlerons sans souci...


..............................................................................  à suivre ...

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 15:26



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... La Cité du cinéma était un ensemble de bâtisses provisoires qui s'élevaient sur le haut d'une colline aux  limites de la petite ville de Chemy. Comme on ne pouvait joindre Hélène dans le château d'Emmanuel Résidore, il fallait surveiller ses allées et venues, et trouver un moyen de pénétrer dans les studios pendant qu'elle y venait pour s'initier aux secrets du cinéma. Afin d'écarter toute méfiance, Jérôme et Ludovic, qui n'étaient pas connus d'Emmanuel Résidore ni de son entourage, seraient chargés des premières démarches. on leur confierait un message qu'ils s'efforceraient de transmettre.
... Niklaas gardait un air soucieux:
... - Je n'aurais jamais dû encourager Gaspard à chercher le pays d'Hélène, disait-il. Mais puisque les choses sont ainsi, faites encore cette tentative. je ne crois pas qu'elle réussisse.
... Les garçons se rendirent d'abord à Chemy avec la camionnette. Ils laissèrent la voiture dans une petite rue. Les bâtiments de la Cité s'élevaient sans grand apparat juste à la limite du bourg. Une voie cimentée y conduisait. Les garçons évitèrent cette avenue et firent un détour afin d'en venir à longer l'enceinte, qui était constituée par les murailles aveugles de longs hangars, et par des maisonnettes percées de lucarnes. Un mur de ciment surmonté de tessons de bouteilles fermait les espacements entre les bâtisses. Par endroits on apercevait des pylônes, des décors élevés. Sur un côté de la Cité dominait un ravin abrupt creusé dans les prairies. Le ravin donnait sur la forêt. en longeant cette partie de l'enceinte, les garçons entendirent le rugissement d'un lion. Emmanuel Résidore avait dû constituer une petite ménagerie en vue d'un film exotique. Nul doute qu'il disposât aussi d'une forêt de cocotiers, soit en carton, soit élevés au naturel dans de vastes potiches au fond d'une serre.
... - C'est impossible de franchir ces murs, observa Théodule. Il faudra que quelqu'un de nous essaie d'entrer par la porte principale.
... Jérôme ne manqua pas d'exprimer ses craintes et Ludovic le rabroua comme d'habitude. Mais avant de tenter la moindre démarche, on résolut d'observer de loin cette porte principale, afin de connaître toutes les possibilités d'accès. On employa trois après-midi entiers à cet examen minutieux. Jérôme et Gaspard se tenaient sur un côté de l'entrée. Théodule et Ludovic un peu plus loin, les uns et les autres cachés par les buissons d'ornement qu'on avait plantés alentour. Le résultat de leur enquête ne fut pas très satisfaisant. 
... Il y avait sur la gauche un petit hôtel construit en plaques de ciment et dont les fenêtres s'ouvraient sur une terrasse. Cet hôtel devait accueillir les acteurs ainsi que tous ceux qui travaillaient aux films. Vers la droite, des bureaux. On voyait arriver des autos de fournisseurs et d'autres voitures et d'autres voitures d'où sortaient des personnages divers. Aucun n'entrait sans subir l'accueil d'un concierge en tenue bleue ornée de boutons d'or. Ludovic, s'étant avancé, aperçut un vestibule commandé par un comptoir où siégeait un bureaucrate qui semblait faire fonction de cerbère. Bref, un lieu sacré, d'où l'on écartait tous les curieux. Chaque jour, vers trois heures, une vaste auto verte arrivait en trombe et freinait brusquement. Hélène en descendait suivie de Bidivert. Elle avait maintenant une allure dont l'élégance étudiée était propre à étonner tous les publics. Son visage et ses gestes parfois embarrassés dénotaient une vague inquiétude. Ses regards semblaient absents. 
... Enfin, on passa à l'action. Jérôme fut d'abord envoyé en reconnaissance. Il devait simplement demander à parler à M. Bidivert, et dès qu'il serait introduit, tâcher de s'échapper à travers le dédale des bâtisses afin de rejoindre Hélène à tout hasard et de lui remettre une lettre où l'on expliquait brièvement la situation. On avait compté que l'air effaré de Jérôme n'inspirerait aucune méfiance. L'affaire échoua beaucoup plus rapidement que l'on ne pouvait s'y attendre. Le portier renvoya Jérôme au bureaucrate qui l'accabla de questions, lui fit remplir une fiche, et lui parla avec tant de froideur que le garçon se sauva.
... - Vous n'imaginez pas, disait Jérôme. C'est une terrible administration. Jamais on ne passera au travers...

.............................................................................  à suivre  ...

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Présentation

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  • : Ce blog est destiné à présenter un court-métrage cinéma autour d'Arthur Rimbaud et de Nina... Voilà donc une approche par divers poèmes, d'Arthur bien-sûr... mais aussi d'autres poètes proches de lui... comme Emile Nelligan... de Léo Ferré pour sa musique et ses mots... ainsi que divers articles, images et extraits musicaux... Une balade aussi bien-sûr en Abyssinie... pour essayer de comprendre... Merci aux futurs lecteurs...
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