Lundi 15 mars 2010
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... Donc ma danseuse s'est levée avec toute la grâce d'une libellule, sans les ailes mais avec des jambes à faire damner un impuissant. Songeur je restai un long moment jusqu'à ce qu'elle
disparaisse en coulisse. J'eus droit à un petit signe juste avant que le rideau ne l'enveloppe.
... Je ne sais pas pourquoi mais j'attirais l'attention non seulement de mes voisins de table mais aussi des cows-boys cramponnés au bar. Jaloux peut-être qu'elle se soit assise à Ma table...
Pour les ignorer, je me mis à parler à mon verre, lui demandai où j'en étais et si je pouvais m'en commander une autre, bière bien-entendu... Je crois qu'il m'a dit oui, enfin je ne suis pas sûr
mais c'est ce que j'ai cru comprendre alors j'ai commandé la suivante, une blonde légère, c'était plus raisonnable...
... La dernière danseuse venait de terminer son effeuillage, complet en plus... mais bon, j'attendais ma polonaise... Je me demandais bien ce qu'elle allait nous présenter comme numéro. Bah, à
cette heure-ci, ce ne pouvait être que la même chose. J'allais ouvrir bien grand mes yeux et n'en rien perdre... Si le reste était dans le style des jambes!!!...
... Le rideau s'ouvrit enfin et l'on nous présenta donc Joule la polonaise... dans un numéro, paraît-il, à nous couper le souffle...
... " Sur des musiques noires... " une chanson de Thierry Pastor, notre blonde polonaise sortit d'un nuage de fumée rouge et nous emmena d'emblée le long de ses jambes gainées de bas rouges aussi
et d'un string de la même couleur... Le haut pour l'instant était toujours dans le brouillard, mais nous le supposions dans le même ton... Elle commença à se tortiller comme une anguille, à
prendre des positions que seul un acrobate est capable de prendre... Mais bon dans ces moments-là, on devient tous des acrobates... On changea de musique, un morceau de saxo langoureux nous
emmena du côté des docks... Deux danseurs hommes, en bleu de travail et casquette de cuir sur la tête, commencèrent à se frotter aux cuisses de Joule. Ca devenait hot, comme on dit maintenant...
Mais on ne voyait pas trop bien à cause de cette fumée qui n'en finissait pas d'envahir la scène. Les esprits s'échauffaient d'ailleurs dans la salle. Enfin on vit le bout du tunnel, la fumée
s'estompa sur nos trois lascars en train de se frotter joyeusement... Je sirotais ma bière quand Mathilde s'approcha de ma table et vint s'y asseoir.
... - Regarde tu vas être surpris...
... Je ne répondis pas et m'efforçai de ne rien perdre de la fin du spectacle... Le saxo pleurait cette fois et les bleus de travail volèrent dans la salle. Un soutien-gorge rouge atterrit sur la
table voisine, celui de Joule je suppose... La musique se fit plus rapide, plus saccadée... Les deux danseurs pas encore nus mais presque avaient saisi Joule et mimait une scène torride... Puis
n'y tenant plus ils arrachèrent le string rouge de notre polonaise et là, stupéfaction générale, un sexe d'homme apparut, fier et pas étonné du tout de se retrouver là devant autant de
spectateurs... Le rideau tomba presque-aussitôt dans le brouhaha général...
... - Alors Don Juan, me dit Mathilde... Toujours partant?...
... - Donc, lui dis-je un peu déçu tout-de-même, on peut l'appeler Jules... J'aurais pu avoir la surprise autrement... Qui sait...
... On s'est revu plusieurs fois, Jules et moi, autour d'une bière. C'était bien un homme...
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Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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