Lundi 30 novembre 2009
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... M. Drapeur conservait précieusement tout ce qui avait appartenu à Hélène. Il ne voulait pas cependant installer ce bric-à-brac dans ses appartements, et il avait réservé pour cela le coin
d'un grenier encombré par de nombreux meubles qui avaient cessé de plaire. Hélène retrouva un monceau de jouets, des livres et une petite chaise qui lui avait appartenu et qu'elle avait
cassée.
... - Au milieu des livres, j'ai découvert ce livre d'images. Il était enveloppé de cellophane et entouré d'une ficelle dorée. Je l'ai emporté dans ma chambre.
... Avant de l'ouvrir, je me suis assise et je l'ai posé sur mes genoux. Alors je me suis souvenue que je l'avais eu il y avait très longtemps, et que, lorsque je l'avais regardé pour la première
fois, je n'étais pas dans la maison de M. Drapeur.
... Les jeunes enfants ont souvent la manie de garder un objet avec eux quand ils s'endorment. Ils le retrouvent chaque soir, et s'ils ne le tiennent pas dans leurs mains ils deviennent maussades
et trouvent difficilement le sommeil.
... - Tout d'un coup, continua Hélène, j'ai revu un ancien lit où j'avais dormi quand j'avais cinq ans. Jamais je ne m'endormais sans le livre dans mes mains. A côté du lit, une fenêtre, et par
la fenêtre, le matin, je voyais la campagne. Cette vue de la fenêtre m'avait frappée. Je n'avais jamais cessé d'y songer, pendant tout le temps que j'étais chez M. Drapeur, surtout le soir, quand
je me couchais. Mais je croyais que c'était de l'imagination, parce que la campagne derrière la fenêtre avait quelque chose de bizarre.
... Hélène parlait à mi-voix. Quand elle arriva à ce point de ce récit, elle baissa encore le ton et ce fut à l'oreille de Gaspard qu'elle poursuivit:
... - Une drôle de campagne. Des chênes, des bouleaux et en même temps des palmiers. Une forêt avec une clairière. Un peu plus loin, on apercevait une mer bleue. Avant d'ouvrir le livre, j'ai été
sûre que c'était une chose vraie.
... - Ca ne peut pas être vrai, dit Gaspard.
... - Je me suis souvenue aussi que lorsque j'avais le livre, j'étais malade. Des gens venaient près de moi, mais je ne peux pas me rappeler comment ils étaient.
... - Tu étais malade, dit Gaspard. Ton pays, c'est une hallucination.
... - Moi non plus, je ne croyais pas que c'était possible que j'aie été dans une campagne avec des chênes, des bouleaux, des palmiers et la mer. Il y a avait d'autres détails aussi qui me
revenaient. Je voyais une file de pommiers sur une terre noire. Il y avait un pommier près de la fenêtre. Un jour, une branche du pommier poussée par le vent est entrée dans la fenêtre.
... - Et il y avait aussi des palmiers? demanda Gaspard.
... - Il y avait des palmiers. J'ai été sûre tout à fait quand j'ai ouvert le livre.
... Hélène montra le livre à Gaspard. Ils le regardaient sous la lumière de la petite lampe. On entendait toujours la mer. Gaspard songea qu'il devait être deux heures du matin...
................................................................................... à suivre ......

Ostende toujours...
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Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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