Mardi 12 janvier 2010
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... La confession de Gaspard...
... - A la bonne heure! s'écria l'homme. Parlez avec confiance. J'ai vraiment un coeur d'or et je suis capable de réaliser vos désirs les plus excentriques, surtout même s'ils sont
excentriques.
... Gaspard songea que le père Residore valait sans doute le fils, et qu'on pouvait compter sur lui du moment qu'on lui fournissait quelque occasion de se distraire.
... - Je m'appelle Gaspard Fontarelle, dit le garçon. J'habitais à l'hôtel du Grand Cerf à Lominval.
... - Très intéressant, dit l'homme.
... Emmanuel Residore ne devait cesser de répéter ces mots tandis que Gaspard lui contait à peu près son histoire, mais il ne s'extasiait que lorsqu'il s'agissait du détail le plus banal. Gaspard
se borna à lui dire qu'il était employé chez un diamantaire d'Anvers, et qu'au cours d'une croisière la pupille de M. Drapeur lui avait appris qu'elle désirait retrouver sa famille et son pays.
Ni les dons d'Hélène, ni ses fugues, ni sa maladie, ni même le souvenir qu'elle avait un grand pays n'étonnèrent Residore. Il soulignait d'une exclamation extasiée les faits les plus ordinaires
comme l'âge d'Hélène, le nom du secrétaire de M. Drapeur, le nom du yacht, le jour du départ pour les Bermudes, et celui de l'arrivée. De telle façon que Gaspard se trouva tout à fait désorienté
et resta court au beau milieu de son histoire.
...- Veuillez poursuivre, jeune homme, dit Emmanuel Residore. J'adore les histoires. Vous me disiez qu'Hèlène est très douée, n'est-ce-pas?...
... - Elle a étudié la musique.
... - Très intéressant. Poursuivez, je vous en prie.
... Gaspard dit comment il avait pénétré dans le parc après s'être perdu dans la forêt, et comment il avait été ébloui par le parc, les palmiers et les bouleaux dont l'ensemble rappelait si bien
le pays décrit par Hélène. Enfin il parla du nom de Jenny qu'il avait cru découvrir, inscrit sur le volet.
... Il est passé beaucoup de monde dans ce château, dans le temps de l'occupation allemande, observa M. Residore. Moi-même je ne suis propriétaire du lieu que depuis peu de temps. Avant moi le
château était occupé par une famille qui s'est dispersée. Il se peut qu'une femme s'appelât ou se fit appeler Maman Jenny et qu'elle ait eu un enfant de l'âge d'Hélène Drapeur. Ces gens se sont
enfuis à l'arrivée des Allemands et ne sont pas revenus.
... - Pas tous revenus, dit Gaspard. Ne pouvez-vous?...
... - Je pourrais m'informer auprès du notaire qui a fait la vente, répondit M. Residore. Mais sans doute ne connaît-il que le nom du vendeur qui était un vieux général, lequel s'appelait
Tristant Horpipe.
... - Tristan Horpipe, murmura Gaspard.
... Il regarda longuement à travers la baie le lac inondé de soleil.
... - Si hélène venait ici, dit-il enfin, elle reconnaîtrait les lieux.
... - Comme j'aime ces imaginations d'enfants! Mais il faut informer sue le champ M. Drapeur, dit l'homme.
... - Je vous en prie, ne l'informez de rien, dit Gaspard. Il s'oppose à ce qu'Hélène cherche sa famille et son pays. Il ne veut pas qu'Hélène lui échappe un instant.
... - Je comprends, une fille aussi douée! M. Drapeur ne saurait souffrir qu'elle le quitte pour rejoindre une famille inconnue et pour courir après un rêve.
... - Il ne s'agit pas d'un rêve, dit Gaspard.
... - Comme j'aime cette spontanéité!... s'exclamait de nouveau M. Residore. Eh bien, que comptez-vous faire, jeune homme?...
............................................................................... à suivre ...
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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