Jeudi 18 mars 2010
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... Chaque soir, depuis des mois, il la voit sur son banc, mais il ne fait que passer. Il a appris à la connaître. Il sait qu'elle rentre seule. Le nez collé à la vitre, il la suit, aussi
longtemps que le train lui permet. Elle, Marion, ne l'a jamais vu mais son rêve la pousse à accepter l'invitation.
Le soir du rendez-vous, elle est sur le quai. Mais cette fois elle est fébrile, impatiente. Il n'y a personne ni sur le quai, ni dans la salle d'attente. Elle doute. Elle consulte sa montre
nerveusement. Le train ne devrait pourtant plus tarder. Mais rien ne se passe. Elle prend peur. Il se met à pleuvoir, la faisant se réfugier à l'intérieur de la gare. Elle pleure à chaudes larmes
cette fois. Elle sort la lettre de sa poche, la relit en reniflant, puis de rage la jette dans une corbeille. Le froid la saisit. Elle se couche sur la banquette en moleskine fatiguée tout près
d'un gros radiateur en fonte et s'y endort...
Quelques instants plus tard, un employé de la SNCF allume le guichet. Il enfile un imperméable, pose sa casquette avec précision sur la tête et sort sur le quai. Bientôt un train entre en gare.
Il s'arrête dans un long couinement douloureux. Trois personnes en descendent. Un couple de gens âgés qui s'éloignent rapidement, puis un jeune homme avec un sac à dos. Celui-ci reste immobile et
semble chercher quelqu'un, qu'il ne trouve pas. Il hésite à remonter dans le wagon mais le train s'éloigne déjà...
L'employé le regarde, étonné. La pluie redouble. Il se décide enfin à s'abriter. Sa vie semble s'arrêter là, ce soir, sur ce quai de gare désert...
Dans la salle d'attente, une porte claque. Marion s'éveille en sursaut. Où est-elle? Que fait-elle ici? Machinalement elle consulte la vieille horloge dont les chiffres romains sont en partie
effacés. Un sourire illumine son visage. Elle se frotte les yeux, ramasse sa grosse écharpe et court en direction du quai...
Il est là. C'est lui. C'est son rendez-vous... Elle court vers lui. Il tend les bras. Ils s'embrassent, sans se connaître, se serrent à s'étouffer, pour ne plus se perdre déjà... Elle pleure à
nouveau mais de bonheur cette fois...
A la pendule du quai, il est 23 heures. A la montre de Marion, il est minuit!!!... C'est l'automne...
à une adolescente...
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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