Vendredi 15 janvier 2010
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... Ainsi Gaspard, malgré sa fatigue, prit un car jusqu'à la prochaine station de chemin de fer, vers la fin de l'après-midi. Il dormit dans son compartiment et faillit manquer la correspondance.
Il arriva à Anvers à la nuit tombée et passa cette nuit-là dans la salle d'attente. Dès l'aube, il se mit en campagne.
... Il n'était pas difficile de trouver la maison de M. Drapeur. Hélène en avait parlé longuement. Gaspard pensait faire le guet devant la maison, et surveiller les sorties d'Hélène. Il
attirerait son attention de quelque manière et elle trouverait un moyen de lui parler. Il resta des heures devant la maison sans apercevoir personne. Dans l'après-midi, il se risqua à questionner
un gamin qui rôdait sur le trottoir. Le morveux lui déclara avec fierté qu'il savait que M. Drapeur était en vacances à Temschen. Gaspard ne put obtenir d'autres renseignements. Il gagna Temschen
par le bateau.
... La résidence d'té du diamantaire était une des villas les plus remarquables de l'endroit. La première personne que Gaspard rencontra dans le beau quartier le guida sans hésiter. Une villa de
ciment. Elle avait une allure de forteresse espagnole. Elle était construite tout d'un bloc et ornée de céramiques. Sur le devant, des pelouses en pente occupaient une bande étroite, de telle
façon que les baies du rez-de-chaussée devaient prendre vie aisément sur le fleuve. La barrière de ciment qui entourait les pelouses était facile à franchir. Gaspard s'appuya de l'épaule à cette
barrière, comme un promeneur qui éprouve le besoin de méditer. Il lui suffisait de tourner un peu la tête pour surveiller le jardin et la villa...
... Vers six heures su soir, une voiture s'arrêta devant la grande porte. Hélène en descendit avec sa gouvernante. Elle aperçut Gaspard, et, tandis que la gouvernante s'avançait, elle fit un
léger signe au garçon pour marquer qu'elle l'avait reconnu. Ce fut seulement deux heures plus tard que Gaspard la revit à la fenêtre du rez-de-chaussée. Aussitôt qu'elle parut, elle ouvrit et
ferma les mains tour à tour, comme le font tous les écoliers lorsqu'ils veulent se communiquer un chiffre. Gaspard répéta cette mimique pour s'assurer qu'il s'agissait bien du chiffre onze. Puis
il s'éloigna. Il revint à onze heures.
... Hélène l'attendait derrière la clôture en ciment. Ils se serrèrent les mains à travers les ouvertures.
... - Personne ne te surveille? demanda Gaspard.
... - Nous ne risquons rien, dit Hélène.
... La nuit était assez sombre. On entendit crier le gravier d'une allée.
... - Il y a quelqu'un, dit Gaspard.
... - Personne, rassure-toi. Simplement le chien, qui me connaît. Je l'ai attaché à un arceau.
... A mi-voix, il conta son aventure dans le château d'Emmanuel Residore. Hélène posa quelques questions.
... - Je crois qu'il faut que j'aille là-bas, dit Hélène.
... - Je voulais te prévenir, simplement, dit Gaspard. Je ne suis sûr de rien. Mais il y a ce nom de Jenny. Peut-être M. Drapeur te permettrait-il d'aller là-bas. S'il t'accompagnait...
... - Jamais, dit Hélène. Il se moque de moi, maintenant. Il me défie de jamais découvrir mon pays et ma famille. Je veux aller voir M. Residore...
... - Je n'aurais peut-être pas dû... observa Gaspard. Si je me suis trompé...
... - Si tu t'es trompé, je reviendrai ici. D'ailleurs, de toute façon, je reviendrai. Je ne veux plus faire d'histoires, et j'attendrai une occasion d'être plus libre.
... On entendit encore crier le gravier, mais beaucoup plus près.
... - Le chien, dit encore Hélène.
... - Ce n'est pas un chien.
... Il est difficile d'apprécier les bruits dans l'obscurité. le silence s'était rétabli. Hélène et Gaspard restèrent sans bouger ni prononcer un mot pendant in long temps. Enfin Hélène dit:
... - Je pars avec toi, tout de suite. Nous prendrons d'abord n'importe quel train, puis nous rejoindrons la vallée de la Meuse.
... - Tu n'es plus surveillée?...
... - Ils supposent que je suis désespérée et ils croient qu'ils m'ont dominée complètement.
... Hélène alla chercher un léger bagage et revint aussitôt. Il lui fut facile d'escalader la barrière de ciment. Ils s'éloignèrent ensemble, tout surpris de marcher librement dans les rues de la
ville...
............................................................................. à suivre ...
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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