Vendredi 18 décembre 2009
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... CHAPITRE 9 : AU PAYS DES CHATEAUX...
... Gaspard suivit Parpoil dans le hall. Parpoil prit un billet pour Gaspard. Ils allèrent ensuite au buffet. L'homme fit servir à Gaspard un repas froid, et lui-même s'octroya divers alcools
... A sept heures Gaspard montait dans le train, et quand il fut placé au fond d'un compartiment, dans l'angle opposé au couloir, son garde du corps attendit sur le quai le départ du train.
... Gaspard se trouvait réduit à la plus complète impuissance. Il regardait avec indifférence les boiseries du compartiment. C'était un vieux wagon aux cloisons repeintes et aux portières
étroites. Une vieille dame était assise sur l'autre banquette parmi d'autres voyageurs. Elle avait échangé un signe rapide avec Parpoil. Gaspard crut comprendre que cette duègne appartenait à la
maison de M. Drapeur. Elle devait exercer sur le garçon une surveillance discrète; Il n'y avait aucun moyen d'échapper.
... Gaspard attendait impatiemment que le train démarre comme si cela devait le délivrer de tout regret. Il pensait qu'il ne reverrait plus jamais Hélène. Toute cette équipée lui semblait en
effet une folie. S'il n'y avait pas eu ce cheval pie, ni ce coiffeur, ni Théodule Residore... Mais le cheval pie tait la cause de toute l'histoire.
... Gaspard revoyait le cheval, ses yeux ardents, sa crinière emmêlée. Il revoyait aussi les paysages divers de la forêt, l'orage, les splendeurs du ciel d'orage. Etait-il possible que cette
aventure qui l'avait mené jusqu'aux Bermudes, se terminât sans espoir, et que l'obstination d'Hélène n'eût aucun sens, et qu'il n'y eût rien à chercher ni à trouver?... Maman Jenny... Le grand
pays... Gaspard avait juré... Le train démarra avec une sournoise lenteur...
... Dans les circonstances décisives, nous ne voyons souvent que des détails insignifiants. Gaspard aperçut d'abord, par la portière opposée, le visage de Parpoil et sa barbe rousse. Parpoil
s'était placé à une certaine distance pour voir Gaspard une dernière fois. Il lui fit un signe d'adieu ironique, puis il tourna le dos. Gaspard baissa les yeux. Il aperçut tout près de sa main le
verrou de cuivre de la portière. Près de ce verrou, la plaque d'émail avec la phrase habituelle qui recommande aux enfants de ne pas jouer avec la serrure. Gaspard fut saisi par un élan soudain.
Après avoir regardé si aucun obstacle ne l'empêchait, il ouvrit la portière et sauta à contre-voie.
... Le train l'avait pas fait cent mètres et la vitesse était faible. Gaspard retomba sur ses pieds avec la plus grande facilité. Il entendit les cris de la duègne, mais le train accélérait, et
elle dut se contenter de refermer la portière. Elle ne pouvait tirer la sonnette d'alarme pour avertir le chef de train qu'un garçon était descendu à contre-voie. Gaspard traversa un quai, puis
contourna un train qui stationnait. Il se dirigea lentement vers la sortie. Il montra son billet à l'employé et lui dit qu'il venait de manquer son train. L'employé lui répondit qu'il n'en aurait
pas d'autre avant le lendemain matin, et Gaspard sortit de la gare...
............................................................................. à suivre ...
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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