Jeudi 10 décembre 2009
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... Parpoil était passé simplement pour faire une inspection rapide, ou pour chercher un objet. Presque aussitôt il avait repris le canot et il regagna la ville. Gaspard demeura tout le
reste de la journée étendu sur une chaise longue. Le marin, qui avait assisté à la scène, et son compagnon prirent sur eux de procurer cet agrément au jeune garçon. Gaspard regarda, avec
admiration et avec une grande tristesse le port, la ville et surtout la plage et cette maison éloignée où Hélène se mourait. Un soleil éblouissant pesait sur toutes choses. L'eau, profondément
bleue, demeurait immobile.
... Le soir, Gaspard mangea avec les marins. Ils parlaient un langage où le flamand se mêlait au français.
... - Il faut travailler longtemps, il faut toujours travailler, disait l'un.
... - Je ne demande qu'à travailler, disait Gaspard.
... - On peut aussi espérer qu'il y a de belles choses à voir en ce monde, disait l'autre.
... - Selon la volonté du Seigneur, reprenait le premier.
... Les marins racontèrent des histoires jusqu'à minuit. Ils laissèrent Gaspard dormir sur un lit dans leur cabine.
... Quand on raconte des histoires, on attend toujours une autre histoire, et Gaspard, le lendemain et les jours suivants, tout en vaquant à ses besognes, attendait qu'une histoire lui vînt de la
ville et de la maison d'Hélène. Elle arriva par bribes un jour après l'autre.
... Chacun des deux marins qui gardaient le bateau allait à terre à son tour. Ils ne manquaient jamais de s'enquérir des nouvelles. Ils se rendaient à la maison d'Hélène et attendaient patiemment
devant la grille jusqu'à ce qu'ils aperçoivent le domestique chinois. L'homme ne refusait pas de leur répondre et il multipliait même des explications que l'on avait du mal à débrouiller.
... D'abord le Chinois se prenait la tête à deux mains et se lamentait: Hélène était perdue. Puis il disait son espoir à propos d'un détail insignifiant. Trois papillons s'étaient posés sur la
fenêtre d'Hélène. Un oiseau avait chanté au moment où le dosteur entrait...
... Hélène souffrait d'une fracture de l'épaule. On craignait surtout les conséquences d'une lésion interne. Elle paraissait désolée, et demandait, à revenir en Belgique. M. Drapeur le lui
promettait, mais on ne pouvait la transporter dans l'état où elle se trouvait. Les promesses la décevaient encore plus puisqu'elle ne pouvait se réaliser...
............................................................................... à suivre ....
" Nos pas que le sable
déforme... " Léo Ferré.
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Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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