Lundi 7 décembre 2009
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... Suite de Gaspard aux Bermudes...
... Gaspard passa ce jour-là ainsi que le lendemain dans la cuisine. Le marin venait chercher les repas et à cette occasion il permettait à Gaspard de monter sur le
pont pendant quelques instants pour respirer l'air. Des bouffées d'essence se mêlaient à des parfums de feuillages et de fleurs. Gaspard fit confirmer à l'homme que le départ restait fixé aux
premières heures du samedi:
... - Tout le monde sera à bord vers minuit, et on part à l'aube.
... Gaspard attendit donc minuit le vendredi. Il n'avait aucun moyen de savoir l'heure, mais par le hublot de son réduit, il put entendre le canot qui abordait le
yacht. Jacques Parpoil et M. Drapeur parlaient dans le canot.
... - Allons boire, disait M. Drapeur. Je ne dormirai pas cette nuit.
... Gaspard attendit encore un peu, puis il fixa une corde à la charnière du hublot et la glissa au-dehors. La grande difficulté fut de s'équiper avec la ceinture
de sauvetage, car il ne pouvait la revêtir qu'une fois sorti et suspendu à son filin. Il garda simplement son pantalon. Il avait mis dans sa poche la balle et la bobine et suspendit à son cou la
brassée de corde.
... Quand il fut descendu dans l'eau, il rama doucement avec les mains et sortit de l'ombre du bateau. Il se trouva inondé par un vif éclair de lune. La
distance n'était pas longue entre le bateau et le rivage. Gaspard suivit une petite jetée. Il mit pied à terre à l'extrémité du port.
... Il se dirigea vers la plage et cacha sa ceinture dans le sable. A ce moment il se sentit tout à fait libre. Les lieux étaient déserts. Il se mit à courir devant les façades des villas. Il
arriva à une allée entre les jardins. Il eut le soudain désir de s'y engager. Il ne pouvait être venu de si loin, sans voir cette ville étrangère. Dans la clarté de la lune, il distinguait des
buissons de fleurs et des arbrisseaux. Il parvint à une avenue qui allait vers le port. Au bout de l'avenue une place avec des magasins fermés. Il aperçut un policeman casqué de blanc qui
traversait la place. Il rebroussa chemin, obliqua dans une rue vers la campagne. Au-delà des maisons s'élevaient des collines baignées de lumière. Des arbres sur les collines, mais alentour une
terre assez aride. Il arracha une tige d'herbe et la fourra dans sa poche. Il respira longuement. Il revint sur la plage.
... Ce ne fut qu'après un temps assez long qu'il découvrit la maison d'Hélène. Au-dessus d'une marquise en verre de couleurs, au deuxième étage, une fenêtre état ouverte et une petite lumière
brillait...
.............................................................................. à suivre ....

Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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