Lundi 23 novembre 2009
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... De temps à autre, il arriva que par le mouvement du bateau, l'horizon apparût dans un hublot comme une ligne qui barrait le carreau en travers. C'était un fragment de miroir bleu qui
contenait d'énormes étendues.
... De son réduit, Gaspard chercha à entendre les bruits du couloir. Des voix lui parvinrent. Il sut que Jacques Parpoil et le second habitaient les cabines voisines. Celles qui se trouvaient
dans la superstructure étaient sans doute réservées au capitaine, à M. Drapeur, ainsi qu'à son prétendu fils ou neveu, et à cette gouvernante que Gaspard avait aperçue à Anvers sur le pont du
yacht. Il revint à son hublot qui était d'une blancheur de lait. Il essaya de gratter le carreau avec une tige de fer qu'il trouva. Il n'obtint pas le moindre résultat. Il voulut desserrer les
écrous. Il s'y meurtrit les doigts, mais il ne cessa ses efforts que lorsque le sang sortit de ses ongles.
... Pendant trois jours, il chercha un moyen de faire sauter les écrous. La mer était plus calme. L'horizon ne montait plus à aucun moment dans les hublots de la cuisine. La chaleur devenait
étouffante dans le réduit. Gaspard voulait absolument ouvrir le hublot et se procurer un peu d'air. Il ne put trouver de clé à molette parmi les innombrables outils de la cuisine. Il s'empara
d'un fort couteau et il essaya d'entamer les charnières. Après trois heures d'effort, il cassa le couteau. Enfin, un soir, comme il faisait les derniers rangements dans la cuisine, ses yeux
tombèrent sur des pincettes de fer forgé assez longues. Le cuisinier venait de sortit. Gaspard fourra les pincettes dans son pantalon. Presque aussitôt un marin venait le chercher comme
d'habitude.
... Il est possible de caler un assez gros écrou entre des branches de pincettes. Si l'on saisit l'extrémité des branches, on obtient une assez forte prise et on a l'avantage d'un bras de levier
assez long. Dès que Gaspard eut pesé sur les branches des pincettes, le premier écrou céda. Il n'y avait que deux écrous. En quelques minutes Gaspard put soulever le hublot.
... Aussitôt un bruit merveilleux lui parvint. C'étaient comme des milliers de sources. Au dehors, sous les étoiles, apparaissait une mer d'un bleu sombre. Pendant deux longues heures, Gaspard
écouta et regarda. Le lendemain il parvint à attacher le hublot avec un fil de fer au plafond de la cabine. Il eut alors le loisir de passer complètement la tête au-dehors, ainsi que les deux
épaules, en se serrant un peu, lorsqu'il eut pris appui sur des balais qu'il avait empilés.
... Malgré sa position incommode, il éprouva la joie de participer à la vie du bateau. Il pouvait, en tournant la tête vers le haut, apercevoir une partie de la superstructure et, en étendant le
bras, il aurait presque touché le niveau du pont. Il entendait des pas marteler le pont, et non loin s'élevait une chanson qu'un piano accompagnait. Le jeune Drapeur chantait...
......................................................................... à suivre ....

Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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