Jeudi 5 novembre 2009
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17:55
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... Suite de le rencontre entre Gaspard et Théodule...
... - Bonjour, Gaspard. Il faut déjeuner. Nous partons dans un quart d'heure.
... - Bonjour, dit Gaspard. Où partons-nous?...
... - Marval vient de porter un message, et je te présenterai à de bons amis tout à l'heure.
... - Quels amis?
... - Tu verras.
... Gaspard tâcha d'expliquer à Théodule qu'il désirait retourner à Lominval. Il n'y réussit pas et songea qu'il ne lui restait qu'à fausser compagnie à Théodule Residore dès qu'il le
pourrait.
... Aussitôt après le déjeuner, Théodule lui montra, devant la maison, deux bicyclettes appuyées contre le mur.
... - Prends celle qui te plaît, dit Théodule.
... - Nous n'allons pas à Anvers à bicyclette?... dit Gaspard.
... L'autre n'entendit rien. Gaspard ne put faire autrement que d'enfourcher le vélo. Ils partirent, et peu de temps après, ils roulaient sur un chemin cahoteux au milieu de la forêt. Gaspard ne
disait mot. Il ne cessait de penser à la meilleure façon de quitter son hôte. En tout cas rien ne pouvait l'empêcher de faire ce qu'il voulait. Ils quittèrent le chemin, prirent un sentier, puis
suivirent une étroite piste ménagée pour les chasseurs et qui filait tout droit sur deux kilomètres. Au bout de la piste, une clairière. Après le rideau d'un nouveau taillis, ils débouchèrent sur
une campagne libre avec des villages semés dans l'étendue. Ils traversèrent un champ où le sentier se perdait, et parvinrent sur une petite route.
... Gaspard jugea que le moment était venu. Il rangea le vélo sur l'accotement et fit signe à Théodule de partir seul.
... - Impossible mon ami, dit Théodule. Maintenant tu es en Belgique. Nous avons passé la frontière dans la forêt. Les douaniers connaissent mon père et nous ne risquions rien. Si tu voulais
revenir seul, ils t'arrêteraient.
... Gaspard demeura aussi étonné que lorsqu'il était tombé sur la croupe du cheval pie. Qu'il fasse ou qu'il dise n'importe quoi, il était entraîné malgré lui loin de Lominval. Il resta sans
pensée et considéra Théodule longuement. Théodule avait le même regard que le coiffeur de Fumay, le même regard que les gendarmes qui avaient indiqué à Gaspard le chemin qui menait à la
ferme de Théodule. Un regard qui interrogeait, mais sans souci de la douleur ou de la cruauté du destin. Aussi bien qu'en ces minutes où il sautait comme une crêpe sur le dos du cheval pie,
Gaspard éprouva une grande insouciance. C'était simplement la vie, avec ses multiples chemins. Il ne répondit rien à Théodule. Les garçons enfourchèrent de nouveau leurs vélos et Théodule
conduisit son ami, en bavardant gaiement, à travers la campagne belge...
................................................................................... à suivre ...
Campagne belge...
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Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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