Vendredi 23 octobre 2009
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... C'était un homme affreux, à la chevelure noire et qui avait des sourcils d'une épaisseur considérable. Gaspard le considéra, non sans effroi. L'homme lui faisait signe d'entrer, et lui
indiquait la petite porte vitrée où était inscrit en lettres d'or: BAISEMAIN, COIFFEUR DIPLOME. Gaspard ne savait que faire ni que dire. Le cheval venait de pénétrer dans la petite cour voisine,
où il avait aussitôt entrepris de tondre l'herbe qui poussait le long des murs.
... - Votre cheval est en sûreté, dit le coiffeur. Donnez-vous la peine d'entrer. Je pense que j'ai l'honneur de parler à M. Gaspard Fontarelle.
... Gaspard, tout à fait abasourdi, entra sans répondre. Le coiffeur le pria de s'asseoir dans un fauteuil, et Gaspard obéit.
... - Je vais vous couper les cheveux, Monsieur Fontarelle, dit-il, et nous parlerons de choses et d'autres pendant ce temps, sans que personne puisse y trouver à redire.
... - Vous me connaissez?... demanda Gaspard.
... - Depuis ce matin, jeune homme, on vous cherche à Laifour, à Revin, à Fumay et dans toute la contrée. Votre tante, Mlle Berlicaut, a donné votre signalement aux gendarmeries des Ardennes. Les
douaniers eux-mêmes doivent être prévenus. Votre cheval pie attire terriblement l'attention sur vous.
... - De toute façon, je dois rentrer à Lominval, dit Gaspard, et vous n'avez pas besoin de me couper les cheveux pour cela.
... - Ce pas dit, répliqua M. Baisemain, avec un sourire exquis qui rendait son visage plus affreux encore. Ce n'est pas dit que vous rentrerez à Lominval, et pour ma part j'aime bavarder, et je
m'intéresse à vous. Quelle bonne surprise vous me faites que de venir vous faire coiffer par mes soins.
... - Je n'ai pas besoin... protesta Gaspard qui voulut quitter son fauteuil.
... M. Baisemain le força à se rasseoir, puis il déclara sur le ton le plus aimable et d'un air tout à fait désintéressé.
... Il y a un mois, jour pour jour, et à peu près vers la même heure, j'ai donné un shampooing à un garçon aussi blond que vous, mais dont la chevelure était beaucoup plus abondante. Il avait des
yeux coupants comme l'acier et purs comme la Meuse.
... - Ne s'appelait-il pas Drapeur? demanda Gaspard avec vivacité.
... - Il s'appelait Drapeur, en effet, reconnut M. Baisemain...
.............................................................................. à suivre ...

Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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