Vendredi 16 octobre 2009
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....................... Suite des avatars de Gaspard ...............
... Le cheval filait bon train, et ne paraissait nullement disposé à modérer sa course, pareille à un beau vent d'été. Après avoir remonté la route jusqu'au dernier tournant, il s'élança dans une
allée forestière, et il rejoignit une autre route qui descendait par le travers des futaies. Puis il prit un large sentier qui le conduisit dans une ancienne coupe. Cette course semblait fermée
de toutes parts et le cheval modéra son train.
... Gaspard pressentait que l'affaire touchait à son dénouement. Le hasard qui l'avait jeté sur le dos du cheval lui semblait fantastique, mais, à tout prendre, peu différent des mésaventures qui
lui étaient survenues pendant sa jeunesse. IL supputait que cette affaire ne l'aurait pas entraîné trop loin de Lominval, et qu'il serait de retour assez tôt pour n'avoir à donner aucune
explication. Cette fois personne n'irait faire des gorges chaudes et prétendre qu'il n'aurait pas dû se trouver là. Peut-être même réussirait-il à passer le licou au cheval, et il le ramènerait
au village.
... Le cheval avait pris le trot et suivait la limite de la coupe. Quand il arriverait à l'extrémité, Gaspard profiterait de la moindre hésitation pour sauter à bas. Comme il l'avait prévu, le
cheval, en parvenant à l'angle de la coupe, hésita pendant un instant. Gaspard se coucha sur son cou afin de se laisser glisser. Mais au même instant l'animal fit un bond prodigieux, Gaspard, qui
s'était vigoureusement accroché, réussit encore à se maintenir. Le cheval fonçait entre les hautes futaies en dehors de tout sentier, et à partir de ce moment il prit une telle allure que Gaspard
se crut vraiment transporté dans un autre monde. C'était un galop d'une légèreté si étonnante que l'animal semblait ne pas toucher terre. De temps à autre, seulement, lorsque le terrain
changeait, il prenait un trot saccadé et ses sabots faisaient alors un roulement qui emplissaient Gaspard de terreur...
... Dès lors, le garçon n'eut plus aucun désir de sauter, et il lui semblait qu'il était comme attaché au cheval, et qu'il ne devait sous aucun prétexte lâcher prise. Après avoir parcouru une
immense futaie de hêtres, ils arrivèrent dans une allée bordée de chênes dont les feuillages énormes s'élevaient vers un ciel maintenant nuageux. Après les chênes, il y eut des taillis obscurs,
puis d'autres taillis clairsemés qui étaient peuplés de sorbiers et ornés de chèvrefeuille. Plus loin, des genêts avec des bouleaux. On traversa aussi une forêt d'épicéas où le cheval glissa sans
bruit dans un sentier couvert d'aiguilles. Gaspard apprit donc qu'il n'y avait pas une forêt, mais mille forêts dont pas une ne ressemblait à celle de Lominval. Il passa dans des sous-bois
marécageux où les herbes pâles et les campanules s'élevaient au milieu des ombres. Un autre bois était fait presque uniquement de peupliers morts, après quoi on découvrait une clairière emplie de
fleurs rouges et de myosotis. C'est impossible de tout décrire. Comme on traversait des rocailles semés de bruyères, les fers du cheval lancèrent des étincelles et ce fut à ce moment que l'orage
éclata...
............................................................................... à suivre .....
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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