Jeudi 15 octobre 2009
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... Le garçon demeura stupéfait, les yeux sottement fixés sur la route en contrebas taillée au flanc de la pente et dominant la pointe des sapins qui s'élèvent du
fond du ravin. Il entendait la galopade étouffée par la terre des bois. La galopade se perdit dans le lointain. Gaspard n'avait qu'à revenir à l'hôtel.
... Il s'éloignait déjà lorsqu'il entendit de nouveau la galopade, mais sonore et joyeuse cette fois. le cheval devait courir sur la route. Gaspard fit demi-tour,
et, se penchant au-dessus de l'escarpement , il aperçut la robe blanche et noire qui filait enter les arbres. Le cheval suivait la route dans le sens de la montée et revenait vers Gaspard dont il
était encore séparé par les deux étages de talus que contournaient les boucles. Cette fois Gaspard eut le sentiment que la plus sûre occasion de prendre le cheval par surprise allait s'offrir à
lui. Il semblait nécessaire que la fatigue freine bientôt l'élan de l'animal et ce serait facile de lui barrer le chemin, en sautant du talus au bon moment.
... Gaspard se laissa glisser sur la pente rapide de façon à se tenir à l'affût au milieu des hautes graminées, à quelques pas au-dessus de la route. Le cheval tourna la première boucle, puis la
seconde. Lorsqu'il fut tout près, Gaspard s'élança. Son pied se prit dans une racine.
... Gaspard connut une fois de plus ( ce ne devait pas être la dernière ) comment se déroule une catastrophe. Au moment où il tombait en avant, il eut la vision du ciel qui surplombait le vaste
moutonnement de la forêt. La chute fut un peu amortie par l'herbe, mais le garçon passa cul par-dessus tête, et il eut beau s'agripper aux plantes, il lui fallut rouler jusqu'au bas. La terre et
le ciel passèrent tour à tour devant ses yeux. Le dernier bond que fit Gaspard là où le talus devenait vertical le projeta vers le milieu de la route.
... Il pensait s'écraser sur le goudron, lorsqu'il sentit entre ses mains la crinière du cheval. Son corps tomba à plat en travers du dos de la bête. Finalement il resta suspendu à la crinière,
et accroché par une jambe au cou du cheval. Après des efforts extraordinaires, il parvint à se rétablir, et se trouva dans une position qui aurait été convenable s'il avait su monter à
cheval...
... La bête n'avait pas bronché sous le fardeau inattendu qu'elle venait de recevoir et elle avait maintenu son allure. Il ne fut guère question pour Gaspard de sauter à terre, et il résolut
d'attendre patiemment d'être projeté sur la route, ou bien que le cheval s'arrêtât. Toutefois au bout de quelques minutes, il put espérer qu'il s'habituerait à ce galop. Il restait allongé sur le
cou du cheval. Ses jambes s'envolaient de temps à autre, et il ne comprenait guère comment il parvenait à tenir son assiette. Mais justement parce qu'il ne comprenait pas, il se sentit pénétré
d'une confiance nouvelle. Même s'il allait tout à l'heure s'écraser sur la route, ç'aurait été beau de s'être maintenu aussi longtemps...
................................................................................... à suivre ...
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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