Samedi 20 février 2010
6
20
/02
/Fév
/2010
23:04
.../...
.................................................................................
... De temps à autre, le cheval changeait d'allure et reprenait un trot modéré. Mais il était impossible d'en profiter pour sauter de la voiture, car soudain il s'élançait de nouveau dans sa
course folle. En vérité, on voulait aussi savoir où irait ce cheval.
... Un croissant de lune éclaira vaguement la route et le haut des arbres. le paysage n'en parut que plus étrange.
... - Un renard qui travers la route, murmurait Gaspard.
... Le renard filait comme une ombre.
... - Un chevreuil qui nous regarde, murmurait Jérôme.
... On apercevait des yeux dans l'ombre. Les têtes fines des chevreuils se dessinaient sous la lune dans les clairières. Les oiseaux nocturnes fuyaient en silence au-dessus de la voiture. On
découvrait tout un peuple de bêtes surprises. De gros papillons venaient heurter les fronts. Une belette sauta devant le cheval. Un cerf se dressa et disparut comme un fantôme au milieu de la
route.
... Il semblait qu'on ne sortirait jamais de cette forêt. les voyageurs avaient perdu conscience de toute durée. Ils se taisaient et regardaient de tous leurs yeux par-dessus les oreilles du
cheval qui bondissait. A un tournant, le cheval, au lieu de suivre la route, fonça droit dans la forêt. Ce fut comme un mur d'ombre. Tous s'attendaient à être jetés contre les arbres. Niklaas
murmura une prière. Ils passèrent à travers l'ombre et retrouvèrent la route.
... Ils furent alors surpris de distinguer une vague lueur, comme une lueur d'aube, mais incomparablement plus lointaine. La forêt s'ouvrait tout d'un coup. On arrivait sur un plateau.
... Où se trouvaient-ils? Un ciel criblé d'étoiles sur des prairies et des landes. Le cheval poursuivait son manège, tantôt prenant le trot, tantôt filant à toute allure. Un vent froid soufflait
sur le plateau qui paraissait inhabité. Dans quel pays allait-on se réveiller? Hélène serrait la main de Gaspard.
... La monotonie des prés peu visibles avait remplacé les ténèbres de la forêt. Le paysage était encore plus interminable que tout à l'heure. Le cheval quitta la route pour suivre sur la gauche
un chemin secondaire. Il revint sur la route par un autre chemin, mais au lieu de la suivre dans la direction première, il tourna et regagna le chemin dans lequel il s'était engagé. Ainsi cette
course discordante prenait l'allure d'un rite insensé. On parcourut cinq fois cette boucle autour de prairies noires où l'on ne distinguait rien.
... - Le jour ne viendra donc jamais? murmurait Gaspard.
... Enfin le cheval, en revenant pour la sixième fois sur la route, renonça à son manège et s'élança vers la droite. Tout d'un coup, on aperçut des lumières au fond des prairies.
... - Des maisons, dit Gaspard...
... Bientôt on entrait dans une petite ville par un passage entre de grandes maçonneries qui devaient être des fortifications. Aussitôt arrivé dans la première rue, le cheval avait freiné tout
son élan et il s'était mis à cheminer avec une certaine lenteur.
... - On pourrait descendre, dit Jérôme, et aller prendre le cheval par la bride.
... Mais personne n'osait ni ne désirait sauter de la voiture.
... - Il faut voir, murmurait Niklaas.
... Que fallait-il voir? Au bout de la rue on distingua des lumières plus vives que celles du simple éclairage municipal. On entendit les flonflons d'une musique.
... - Quel pays? murmura Ludovic.
... - Une fête, dit Gaspard.
... On arriva sur une petite place circulaire, où étaient dressés quelques boutiques, un bal, un manège. Il n'y avait pas une grande foule, quelques badauds seulement circulaient. Sans doute
était-il tard et la fête allait se terminer...
... - Quelle ville? reprenait Jérôme.
... - Peut-être Rocroi, dit Niklaas.
... Gaspard tira doucement sur les rênes, de façon que le cheval ne s'engage pas sur la place. Le cheval se détourna de lui-même et passa dans la direction opposée, derrière les boutiques. Il
s'arrêta enfin à côté de l'une d'elles qui était une simple tente dressée le long d'une caravane peinte en gris. Sur le côté de la tente et sur la caravane étaient inscrits deux mots qui
étonnèrent les garçons, aussi bien Hélène et Niklaas: deux mots en grandes lettres cursives d'un bleu sombre: Maman Jenny...
°°°
............................................................................. à suivre .....
Par alain leclef
-
Publié dans : cinéma
-
0