Mardi 16 février 2010
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.... Donc voilà ce qui arriva...
... Ce matin-là, lorsque Niklaas et ses enfants avaient descendu les premières pentes vers la Meuse, ils s'étaient rendu compte que leur cheval peinait. Certes, il se tenait vaillamment aux
brancards, et il n'aurait pas à fournir une longue traite. Mais le chemin qu'on suivait était abrupt et mal empierré. A tout instant les sabots du cheval glissaient. On s'arrêta en un tournant
assez large, où la déclivité était moins forte, et tandis que le cheval se reposait un peu, Niklaas alla explorer le chemin afin de savoir quelle distance restait à parcourir dans ces conditions
difficiles. On ne pouvait songer à dételer le cheval et à faire descendre à bras la voiture. Jérôme et Ludovic n'auraient pas eu assez de force pour aider Niklaas dans cette besogne. Lorsque
Niklaas revint, il leur apprit qu'à trois cents mètres s'étendait une clairière autour de laquelle le chemin suivait une rampe plus aisée. On pouvait déjà entendre les trompes des péniches sur la
Meuse. Ils repartirent en prenant les plus grandes précautions pour ménager le cheval.
... Cent pas furent franchis sans encombre, et déjà l'on apercevait la clairière, lorsque le cheval glissa sur un rocher qui affleurait. Il s'abattit comme une masse. Il fallut dételer, cette
fois, et ce ne fut pas sans peine qu'on le dégagea et qu'on parvint à pousser la voiture entre deux arbres où elle se trouva calée. C'était sûr que le cheval s'était brisé un membre. Il respirait
avec peine.
... - Il ne reste plus qu'à l'achever, dit Niklaas tristement.
... Jérôme et Ludovic embrassèrent le vieux cheval, tandis que Niklaas suivait le chemin pour gagner un village d'où il appellerait un vétérinaire. Il voulait avaoir la certitude qu'il ne restait
aucun espoir. Au bout d'une heure le vétérinaire arriva dans son auto et constata que le cheval ne pouvait recevoir aucun soin et qu'il allait succomber. Niklaas repartit avec l'homme afin de
trouver un équarrisseur. Ces démarches prirent assez de temps. Niklaas dut encore téléphoner. Enfin un camion arriva avec deux ouvriers que Niklaas aida à charger la bête. Pendant ce pénible
travail, Niklaas se félicita que Ludovic et Jérôme se fussent un peu éloignés. Il ne les avait pas aperçus, comme il venait avec le camion, et il supposa qu'ils étaient entrés dans le bois.
Lorsque la voiture se fut éloignée, il les appela, mais les garçons ne répondirent pas...
... Il ne fut nullement inquiet. Il se demandait comment acheter un autre cheval, et ce souci occupait toute sa pensée. Après un quart d'heure d'attente, il décida d'explorer un peu les environs.
Pourquoi donc, en de telles circonstances, Ludovic et Jérôme avaient-ils eu l'idée d'aller se promener? Il était deux heures de l'après-midi...
... Niklaas parcouru dans les bois un long cercle autour du break. De temps à autre, il lançait des appels qui restaient dans réponse. Une demi-heure plus tard il entendit une galopade au fond
des bois et il en fut bouleversé. Avant même de l'avoir vu, il songea au cheval pie. Il attendit de longues minutes, sans bouger. Le silence s'était rétabli. Puis il entendit Jérôme et Ludovic
qui l'appelaient et il les aperçut entre les branches d'un taillis.
... - Vite, criait Ludovic, il est à ta gauche.
... Niklaas se tourna. Il vit le cheval pie qui s'avançait vers lui et s'arrêtait à vingt pas. Il s'approcha doucement. Le cheval l'attendit sans frémir. Niklaas fut étonné de pouvoir caresser
l'encolure de l'animal ardent et capricieux. Jérôme et Ludovic survinrent.
... - Il est venu tout-à-l'heure prés du chemin, dit Jérôme. Nous l'avons caressé, puis il nous a échappé. il nous attendait, on le caressait, et il s'échappait encore.
... - Va chercher une corde dans la voiture, dit Niklaas. on ne risque rien d'essayer.
... Le cheval paraissait heureux de sentir la main rude de Niklaas. Jérôme apporta une corde et Niklaas la passa sur la tête du cheval, sans que celui-ci eût opposé la moindre résistance. Ils
furent tout étonnés de pouvoir conduite e cheval jusqu'au break et de parvenir à le placer entre les brancards. Il se laissa atteler. Il refusa simplement de garder les oeillères. Lorsque la
besogne fut achevée, Niklaas dit:
... - Voilà une aubaine extraordinaire. J'ai souvent pensé à ce cheval. Nous tâcherons de retrouver son maître, mais en attendant nous pouvons continuer notre route...
............................................................................. à suivre ...

Dis à quoi tu penses?... A moi, des fois... Léo Ferré.
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Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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