Mercredi 10 février 2010
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... La camionnette franchit sans encombre la porte indiquée et s'avança lentement dans l'allée. On ne rencontra personne. Il semblait que l'alerte eût été donnée. Du côté de la ménagerie on
trouverait probablement un gardien qui réceptionnerait l'ours avec la plus grande prudence. Cette vague inquiétude que Marval avait inspirée donna aux garçons une nouvelle idée. Ils avaient
espéré peut-être apercevoir Hélène par un hasard. Maintenant, il semblait qu'une magnifique occasion se présentait à eux de circuler en toute liberté dans ces petites avenues au moins pendant
quelque temps. Ils pouvaient se cacher et chercher Hélène dans le dédale des bâtisses, cela ne mènerait probablement à rien, mais ils ne parvinrent pas à dominer leur premier mouvement. Gaspard
serrait avec violence le bras de Théodule.
... A droite, des hangars s'alignaient selon des directions obliques. Quelques pancartes: STUDIO EMMANUEL, STUDIO DE LA JUNGLU et enfin STUDIO HELENE... Ce fut devant cette pancarte que Théodule
et Gaspard ouvrirent la portière et sautèrent, tandis que la camionnette poursuivait lentement son chemin. " Le vin de Moselle ", songea Gaspard en retombant sur ses pieds.
... Le nom d'Hélène que l'on avait inscrit tout récemment, leur semblait indiquer la présence de celle qu'ils cherchaient. Néanmoins il n'était nullement nécessaire qu'Hélène se trouvât dans ce
studio, et ils se rendirent compte aussitôt qu'ils se fourvoyaient et qu'ils avaient commis une imprudence. Mais c'était trop tard pour changer d'avis...
... Ils pénétrèrent sans hésiter dans un hangar. Là s'entassaient des mobiliers de toutes les époques, particulièrement des meubles de salon somptueux. Certains décors étaient plantés devant un
espace réservé aux appareils de prise de vue. Deux chambrettes gracieuses et un vestibule de château avec des armures. Un employé vêtu d'une blouse était assis sur un fauteuil dans l'une des
chambrettes. Il se leva pour venir au-devant de Gaspard et Théodule qui firent demi-tour et regagnèrent la sortie. Ils coururent jusqu'au bâtiment voisin. L'homme ne les avait pas poursuivis.
... Dans cet autre bâtiment une certaine animation régnait. Des machinistes s'employaient à monter de hauts décors que l'on disposait sur plusieurs plans. Les deux garçons se plaquèrent derrière
des planches, tandis qu'ils observaient les ouvriers. Là non plus, ils ne pouvaient espérer rencontrer Hélène. Ils employèrent deux minutes à regarder les décors. Au premier plan c'était un
montage en carton représentant un désert de sable avec des buissons. Au-delà montaient des rocs et enfin un pic couvert de neige qu'illuminaient des projecteurs.
... Les deux garçons avaient eu tort de perdre un peu de temps. Ils entendirent la voix d'un haut-parleur : " Deux garçons se sont introduis dans les studios. Prière de fermer les portes et de
les rechercher ". Le magasinier avait dû signaler leur présence aussitôt qu'il les avait aperçus. Cette Cité était une machinerie où les coups de téléphone ne coûtaient pas cher et vous
traquaient plus sûrement qu'une meute de chiens. Gaspard et Théodule étaient tout juste revenus de leur surprise, qu'un ouvrier se précipitait pour fermer la porte par où ils s'étaient introduits
et leur barrait définitivement toute issue. Les autres machinistes, sur un ordre du contremaître, se hâtaient de vérifier si les garçons qu'on leur signalait n'étaient pas cachés dans quelque
angle obscur du studio...
... Gaspard et Théoqule s'étaient glissés entre deux décors. Ils pouvaient contempler au-dessus d'eux la haute montagne neigeuse qui brillait sous le feu de projecteur. Il aurait fallu que cette
montagne fût vraie et aller se perdre dans les ravins de neige. On vint de leur côté...
...................................................................................... à suivre ...
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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