Vendredi 5 février 2010
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... Très long douzième et dernier chapitre...
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OU L'ON DECOUVRE ENFIN
LE GRAND PAYS...
... Niklaas, qui se tenait de l'autre côté du fourré , ne soupçonna pas l'événement. Jérôme et Ludovic, lorsqu'ils aperçurent l'ours, furent cloués sur place. Ils
étaient l'un et l'autre, à vingt pas de Gaspard. Ils n'eurent même pas l'idée de se sauver...
... L'ours s'était avancé en regardant de part et d'autre. Sa fourrure magnifique ondulait sur son corps qui se mouvait avec une prudente et cruelle lenteur. Ses
yeux brillaient. Gaspard, étendu de tout son long, n'osait pas non plus bouger. Lorsque le mufle de l'ours fut au-dessus de lui, il se ramassa sur lui-même. l'ours détourna la tête, Jérôme venait
de s'avancer.
... Il est bon de corriger ses défauts, mais on ne peut y parvenir sans une grâce du ciel. Peut-être Jérôme avait-il tellement peur qu'il ne savait plus ce qu'il
faisait . Lorsqu'un danger assez terrible se présente, la nature entière semble changer. Le ciel bleu entre les branches et le silence devenaient fantastiques. Jérôme s'arrêta à quelques pas de
l'ours. Il demeura immobile, en proie à une hésitation désespérée. Gaspard venait de se relever. Alors Ludovic s'avança à son tour. Gaspard recula un peu, s'adossa à un arbre tout saisi
d'horreur. L'ours se dressait sur ses pattes de derrière.
... Cette scène se déroula en quelques instants. On entendit Niklaas qui se frayait un passage dans le fourré. L'ours marcha pesamment jusqu'à Gaspard. Jérôme et Ludovic se trouvaient
maintenant derrière l'ours.
... La bête dominait Gaspard de deux coudées. Ses pattes de devant s'abattirent sur l'arbre, où les griffes s'enfoncèrent au dessus de la tête du garçon.
... L'attitude de l'ours était très étrange. il semblait animé par une curiosité cruelle, et sa férocité demeurait sournoise et méfiante, bien qu'il fût cent fois le plus fort. Jérôme s'était
avancé. Il y avait lieu de croire qu'il était soudain privé de toute raison. En tendant le bras, il pouvait toucher l'ours. Il tendit le bras et saisit l'épaisse fourrure.
... L'ours se laissa retomber sur ses pattes de devant, comme pour obéir à la main de Jérôme, et voici le fait le plus extraordinaire qui ait été rapporté sur cette histoire: le visage de Jérôme
était tout souriant. Ludovic lui-même, transporté par on ne sait quelle inspiration fabuleuse, se mit à parler avec douceur. Il dit simplement:
... - C'est peut-être un ours apprivoisé.
... Gaspard ouvrait des yeux grands comme des lunes. Il savait qu'une catastrophe s'était déclenchée et que, de toute façon, il y aurait à pâtir. Mais l'ours tendit l'oreille aux paroles de
Ludovic. Jérôme avait laissé sa main sur la fourrure.
... - Il a un collier, dit Ludovic.
... Il faut croire que la voix de Ludovic était aussi belle qu'une chanson, à ce moment-là. L'ours venait de s'asseoir et l'écoutait avec un intérêt prodigieux.
... - Laisse-nous en paix, disait Ludovic. Nous sommes amis de la paix.
... Ce fut à ce moment que Théodule entervint. Il s'était éloigné un peu plus que les autres, tandis qu'on poursuivait le cheval et, après un détour, il revenait sur le fourré. Il avait assisté à
la scène, et s'était avancé sans bruit. Son intervention eut quelque chose de plus surprenant encore que la conduite de Ludovic, mais par surcroît, complètement inutile. Théodule se borna à
dire:
... - Maintenant, j'entends les oiseaux.
... Nul doute qu'il ne fut en proie lui-même à une épouvante merveilleuse qui l'avait soudain guéri de sa surdité. a la fois enchanté et désolé des circonstances, il dit encore:
... - Je remercie tous les saints du ciel...
.......................................................................... à suivre ...
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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