Mardi 2 février 2010
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... On reprend l'histoire de Gaspard...
... Les conseils de Niklaas n'eurent aucun effet, en vérité. Les garçons ne voulaient pas céder. Ils feraient n'importe quelle tentative pour voir Hélène. Corriger d'abord leurs défauts? A quoi
cela les avancerait-il?...
... - Eh bien, dit Niklaas, cela nous permettra tout au moins de rester ensemble encore quelque temps. Ce serait une occupation comme une autre, et aussi agréable que la pêche à la ligne. Si
Théodule le veut bien, nous passerons encore avec lui quelques heureux jours à chercher la sagesse.
... - Une semaine? Deux semaines? demandait Gaspard.
... Sans doute, Niklaas songeait-il que la vertu consiste d'abord à prendre son temps. Ainsi l'on bavardait. Jérôme déclarait que son plus grand désir était de ne plus avoir peur et Ludovic qu'il
rêvait de garder la paix du coeur en toutes circonstances. Mais l'un et l'autre savaient bien que c'était encore plus difficile que de découvrir le grand pays. Théodule, qui sans doute n'entendit
pas plus que d'habitude le quart de ces paroles, s'exclama soudain que rien au monde ne le délivrerait d'une surdité qui l'accablait. Quant à Gaspard, il garda le silence. pour sa part, comment
échapper à une fatalité de catastrophes? C'est bien l'affaire à laquelle personne au monde ne se dérobe.
... En ces derniers beaux jours, le cheval, qui se remettait de son mal, paissait en cheminant dans la prairie, tandis qu'on poursuivait les travaux des champs et qu'on passait de longues heures
à deviser. Les campeurs venaient rarement à la ferme, sinon pour demander de l'eau ou du lait ou quelques provisions. De temps à autre on allait leur parler, et un soir, Niklaas avec Ludovic et
Jérôme leur donnèrent un petit concert. C'était encore le plein été, les vacances. La joie des champs et de la forêt. Seule Hélène manquait. Et il fallait savoir qu'Hélène manquait, faire quelque
chose pour marquer son souvenir. Ce fut cela plus que toutes les paroles de Niklaas qui engagea d'abord Jérôme à entre prendre de vaincre son terrible défaut. Chacun répétait:
... - Si nous étions différents, tout changerait. Nous découvririons le grand pays...
... Simples façons de parler. Cependant, Jérôme décida de se rendre seul, chaque nuit dans la forêt. Il s'y promena, les cheveux dressés sur sa tête, au milieu des mystères et des bruits. On le
voyait revenir avec des yeux agrandis, et grelottant comme s'il sortait d'une glacière. Ludovic s'exerça, avec l'aide de Gaspard, à dominer ses élans inconsidérés. Gaspard avait la charge de
l'exciter et de lui dire des choses désagréables auxquelles Ludovic s'ingéniait à répondre avec courtoisie. Ludovic ne cessait guère de bouillonner de colère, mais il parlait avec douceur.
Immanquablement, la conversation finissait par une bataille, Ludovic ne pouvant jamais supporter que Gaspard lui fit chaque fois remarquer que ses oreilles rougissaient plus qu'il n'était
convenable.
... Quant à Théodule, on le surprit qui cherchait à écouter les oiseaux...
... - Si je faisais bien attention, disait-il, je pourrais suivre le chant du merle. Mais je n'ai pas plus de cervelle que mon père.
... Il prétendit enfin qu'il avait perçu le cri d'une buse en haut du ciel...
... - Le cri d'une buse, disait Niklaas. Qu'est-ce que cela peut annoncer?...
.................................................................................. à suivre ....
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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