Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 15:26



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... La Cité du cinéma était un ensemble de bâtisses provisoires qui s'élevaient sur le haut d'une colline aux  limites de la petite ville de Chemy. Comme on ne pouvait joindre Hélène dans le château d'Emmanuel Résidore, il fallait surveiller ses allées et venues, et trouver un moyen de pénétrer dans les studios pendant qu'elle y venait pour s'initier aux secrets du cinéma. Afin d'écarter toute méfiance, Jérôme et Ludovic, qui n'étaient pas connus d'Emmanuel Résidore ni de son entourage, seraient chargés des premières démarches. on leur confierait un message qu'ils s'efforceraient de transmettre.
... Niklaas gardait un air soucieux:
... - Je n'aurais jamais dû encourager Gaspard à chercher le pays d'Hélène, disait-il. Mais puisque les choses sont ainsi, faites encore cette tentative. je ne crois pas qu'elle réussisse.
... Les garçons se rendirent d'abord à Chemy avec la camionnette. Ils laissèrent la voiture dans une petite rue. Les bâtiments de la Cité s'élevaient sans grand apparat juste à la limite du bourg. Une voie cimentée y conduisait. Les garçons évitèrent cette avenue et firent un détour afin d'en venir à longer l'enceinte, qui était constituée par les murailles aveugles de longs hangars, et par des maisonnettes percées de lucarnes. Un mur de ciment surmonté de tessons de bouteilles fermait les espacements entre les bâtisses. Par endroits on apercevait des pylônes, des décors élevés. Sur un côté de la Cité dominait un ravin abrupt creusé dans les prairies. Le ravin donnait sur la forêt. en longeant cette partie de l'enceinte, les garçons entendirent le rugissement d'un lion. Emmanuel Résidore avait dû constituer une petite ménagerie en vue d'un film exotique. Nul doute qu'il disposât aussi d'une forêt de cocotiers, soit en carton, soit élevés au naturel dans de vastes potiches au fond d'une serre.
... - C'est impossible de franchir ces murs, observa Théodule. Il faudra que quelqu'un de nous essaie d'entrer par la porte principale.
... Jérôme ne manqua pas d'exprimer ses craintes et Ludovic le rabroua comme d'habitude. Mais avant de tenter la moindre démarche, on résolut d'observer de loin cette porte principale, afin de connaître toutes les possibilités d'accès. On employa trois après-midi entiers à cet examen minutieux. Jérôme et Gaspard se tenaient sur un côté de l'entrée. Théodule et Ludovic un peu plus loin, les uns et les autres cachés par les buissons d'ornement qu'on avait plantés alentour. Le résultat de leur enquête ne fut pas très satisfaisant. 
... Il y avait sur la gauche un petit hôtel construit en plaques de ciment et dont les fenêtres s'ouvraient sur une terrasse. Cet hôtel devait accueillir les acteurs ainsi que tous ceux qui travaillaient aux films. Vers la droite, des bureaux. On voyait arriver des autos de fournisseurs et d'autres voitures et d'autres voitures d'où sortaient des personnages divers. Aucun n'entrait sans subir l'accueil d'un concierge en tenue bleue ornée de boutons d'or. Ludovic, s'étant avancé, aperçut un vestibule commandé par un comptoir où siégeait un bureaucrate qui semblait faire fonction de cerbère. Bref, un lieu sacré, d'où l'on écartait tous les curieux. Chaque jour, vers trois heures, une vaste auto verte arrivait en trombe et freinait brusquement. Hélène en descendait suivie de Bidivert. Elle avait maintenant une allure dont l'élégance étudiée était propre à étonner tous les publics. Son visage et ses gestes parfois embarrassés dénotaient une vague inquiétude. Ses regards semblaient absents. 
... Enfin, on passa à l'action. Jérôme fut d'abord envoyé en reconnaissance. Il devait simplement demander à parler à M. Bidivert, et dès qu'il serait introduit, tâcher de s'échapper à travers le dédale des bâtisses afin de rejoindre Hélène à tout hasard et de lui remettre une lettre où l'on expliquait brièvement la situation. On avait compté que l'air effaré de Jérôme n'inspirerait aucune méfiance. L'affaire échoua beaucoup plus rapidement que l'on ne pouvait s'y attendre. Le portier renvoya Jérôme au bureaucrate qui l'accabla de questions, lui fit remplir une fiche, et lui parla avec tant de froideur que le garçon se sauva.
... - Vous n'imaginez pas, disait Jérôme. C'est une terrible administration. Jamais on ne passera au travers...

.............................................................................  à suivre  ...

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Par alain leclef - Publié dans : cinéma - Communauté : bienvenue
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