Vendredi 22 janvier 2010
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... Gaspard rentrera-t-il un jour à Lominval???...
... Ce sentier se perdait au milieu des acacias où Gaspard, avec Jérôme et Ludovic, s'était empêtré, lors de leur première expédition. Il franchit le mur à travers une trouée, mais au lieu de
chercher à rejoindre le ruisseau, il suivit le mur dans la direction opposée, jusqu'à une vieille porte où aboutissait un chemin encombré de ronces. Le chemin le mena derrière le château.
... De ce côté, les bâtiments semblaient inhabités. Gaspard escalada une gargouille et atteignit au premier étage un oeil-de-boeuf dépourvu de carreau. Il s'y glissa la tête la première, et par
bonheur ses mains rencontrèrent la rampe d'un escalier de bois, où il put sauter sans faire trop de bruit. Il demeura un moment immobile afin de s'assurer que personne ne l'avait entendu, puis il
descendit l'escalier.
... Cet escalier n'aboutissait pas au rez-de-chaussée, mais dans un sous-sol. Des quantités de légumes s'y trouvaient rangés sur des claies. Plus loin, le sous-sol n'était qu'une salle immense
peuplée de piliers de pierre. Gaspard l'explora afin de trouver un escalier plus important qui le menât dans une région habitée. Il espérait se tenir aux aguets à l'angle de quelque couloir ou
derrière un meuble, et attendre qu'Hélène vînt à passer afin de la voir par surprise et de lui parler une dernière fois à l'insu de tous, comme à Lominval et comme sur le pont du yacht.
L'escalier qui se présenta à lui était en pierre. Il le monta, mais à chaque étage il aboutissait à des paliers étroits sur lesquels donnaient des portes fermées à clef. Gaspard dut aller
jusqu'au quatrième pour trouver une pote ouverte. Il pénétra dans une pièce qui était une salle de billard, en traversa une autre où il y avait trois pianos et des pupitres, et tomba enfin sur un
escalier plus important. Lorsqu'il fut redescendu au deuxième, il entendit quelqu'un qui montait et entra dans une salle qui semblait un musée d'habillement. On y voyait des personnages en cire
vêtus de toutes sortes de costumes, dames hollandaises, généraux d'empire. Les figures de ces personnages semblaient le regarder et suivre ses démarches. Il quitta cette pièce en hâte. La
suivante était occupée uniquement par des masques suspendus aux murs ainsi qu'à des colonnades de bois. Gaspard eut un frisson dans le dos. Il voulut encore se hâter...
... Il se rendit bientôt compte qu'il se trouvait dans une sorte de galerie dont les issues devaient être dissimulées par des tentures sur lesquelles il y avait encore des masques. Il s'efforça
de garder son sang-froid. A vrai-dire les masques, malgré leurs regards troués et leurs mâchoires d'animaux, avaient une beauté singulière. L'effroi le pénétrait, mais il se dit qu'il devait les
regarder bien en face. Il y avait aussi des figures de pierre et de marbre étrangement paisibles. Gaspard découvrit une tête immense enveloppée d'une chevelure de paille et qui avait des yeux
comme des rubis et la bouche grand ouverte. Il se contint et regarda la grande figure. Au milieu de la bouche il y avait un bouton de porte. Doucement, malgré sa craibte, il le saisit et un
vantail s'ouvrit sur un vaste palier qui devait appartenir à l'escalier central. Gaspard respira...
... Il résolut de s'avancer avec plus de prudence. La rampe de l'escalier était une rampe à balustres. Il se glissa vers le premier étage. Les degrés étaient couverts de vastes tapis. Gaspard
songeait qu'il ne pourrait rien rencontrer de plus terrible que les masques, et cependant lorsqu'il eut dépassé la grande courbe de l'escalier, il fut en présence d'une apparition qui lui glaça
le dos...
.............................................................................. à suivre ....
Par alain leclef
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Publié dans : cinéma
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