Mercredi 13 mai 2009
3
13
/05
/Mai
/2009
22:45
... Suite et fin du courrier d'Isabelle...
..................................................................................
... Voici la vérité sur la dernière période de la vie d'Arthur Rimbaud ( et nous avons, Dieu merci,, de tout ceci, de nombreuses et palpables preuves ). En 1880, un gentleman anglais, dont les fils
avaient reçu de mon frère des leçons de langues, émerveillé des connaissances presque universelles du précepteur de ses enfants, l'emmena à Aden et lui procura, comme négociant, une position très
honorable dans une maison française. Au bout de trois ou quatre ans, Arthur, qui avait enfin trouvé son élément, était arrivé dans le haut commerce de la ville à une réputation d'habileté et
d'honnêteté exceptionnelles. Bientôt, il fut l'associé du négociant qui l'avait d'abord employé et qui avait su l'apprécier, et fonda au Harar ( Afrique orientale ) un comptoir qui donnait le ton à
tous les marchés de l'Abyssinie, du Choa, etc... Les principaux produits de son commerce étaient le café, l'ivoire, puis en moindre proportions, l'encens, l'or en lingots, etc...
... Jamais, de l'avis unanime de tous les Européens établis dans ces régions, on n'avait vu pareille activité, pareil courage, vénéré et chéri par les indigènes, estimé par les Blancs, sa probité
et sa bonté jointes à la pureté de ses moeurs l'avaient rendu l'arbitre habituel de tous ceux entre lesquels quelque différend s'était élevé. Toujours avide de s'instruire et de voir, il visitait
les montagnes et les vallées, et bien des points de ces régions n'ont été explorés que par lui. M. Paul Soleillet fut son ami intime, ainsi que plusieurs autres explorateurs et auteurs de
livres remarquables. La Société de Géographie lui fit, à différentes reprises, des avances flatteuses pour l'engager à publier aussi des récits et descriptions de ses voyages. La mort ne lui laissa
pas le temps de réaliser les espérances de ses amis, il succomba pour ainsi dire à la peine. Les fatigues successives et une tendance particulière au climat de ces pays développèrent une tumeur
arthritique dans son genou droit. Dur sur sa personne, il négligea de se soigner à temps, et quand, vaincu par la maladie, il revint se faire opérer à Marseille, il était trop tard. L'amputation
fut faite et guérit rapidement, mais une récidive de la tumeur se déclara presqu'aussitôt dans l'aine et la hanche. Au bout de quelques mois, il était mort... et mort comme un Saint, à Marseille, à
l'Hôpital de la Conception, où je l'ai assisté et soigné, jours et nuits, pendant trois mois...
... Telle est la vérité sur la vie et la mort d'Arthur Rimbaud. J'espère, Monsieur, que, puisque vous avez publié le récite outrageant et fantaisiste, vous voudrez bien aussi ouvrir votre journal
au récit véridique. La loyauté la plus élémentaire vous fait devoir de réparer l'injure que vous avez faite, involontairement, je veux le croire, à un mort qui ne mérite que le respect...
... Je vous salue, et je signe sans me cacher derrière aucune initiale comme se cachent ceux qui profanent les morts...
Isabelle Rimbaud
===========
... Est-il meilleure façon que celle-ci de " remettre les pendules à l'heure..."
... Nous verrons par la suite que Frédéric aussi s'en prendra au même journal...
Par alain leclef
-
Publié dans : cinéma
-
0