Lundi 11 mai 2009
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... Cette fois c'est Isabelle qui s'en prend au rédacteur en chef du journal " Le petit Ardennais ". Une très longue lettre où elle revient sur la vie de son frère
et rétablit une vérité indispensable à la postérité d'Arthur...
... Le premier extrait:
Roche, le 15 décembre 1891,
Monsieur le Rédacteur du Petit Ardennais,
... Je n'ai pas l'honneur d'être abonnée à votre journal, mais un voisin complaisant m'apporte celui daté du Mardi 15 décembre et m'indique l'article y inséré au
sujet d'Arthur Rimbaud.
... Arthur Rimbaud a été, en effet, le plus brillant des élèves du Collège de Charleville. Pendant des années il y a rempoté tous les premiers prix sans aucune
exception, ainsi qu'excellence, concours de Douai, etc...
... En 1870, ses études furent forcément interrompues par la guerre. L'un de ses professeurs l'emmena à Paris et le présenta à MM. Théodore de Banville et Verlaine.
Ceux-ci furent frappés de l'intelligence de cet enfant de quinze ans et lui firent écrire quelques poésies, dont plusieurs sont de véritables petits chefs d'oeuvre, mais jamais il ne vint à
l'esprit d'Arthur de faire publier ses vers, ni d'en tirer gain ou célébrité. S'ils ont été publiès, c'est à son insu, jusqu'à la dernière période de sa vie, il a ignoré cette publication, et il
a fallu, pour la lui apprendre, que plusieurs hommes de lettres autorisés, tels que MM. Paul Bourde du journal " Le temps " Jules Mary, Th. de Banville, etc... lui en fissent par écrit leurs
félicitations.
... Vous parlez de prix vendus, de montre engagée... Ces reliques de la première jeunesse d'Arthur Rimbaud remplissent la maison de ma mère. Je ne sais où l'auteur
de l'article a pu trouver ses histoires de Commerce, de Mazas, mêlées à une invraisemblable légende de misère noire, tout cela est un abominable tissu de contes injurieux...
... De 1871 à 1874, Arthur Rimbaud a continué ses études, non plus dans un collège mais avec différents professeurs particuliers, et tantôt dans une ville tantôt
dans une autre. En 1874 et en 1875, il fut professeur lui-même à Londres et aux environs de Paris; sa famille fit avec lui de longs séjours dans ces deux capitales. Il y avait déjà longtemps à
cette époque qu'il ne s'occupait plus de Paul Verlaine ni de sa poésie.
... Le misérable qui a écrit qu'Arthur Rimbaud a extorqué de l'argent à sa mère pour aller en Allemagne a menti impudemment. Sa mère le plaça elle-même dans une
institution franco-allemande à Stuttgart, pour y apprendre la langue allemande. Quand il la sut couramment, au bout de quelques mois, sa mère le fit aller à Milan pour étudier la langue
italienne, et lui tint compagnie quelque temps dans cette ville.
... Le savonnier de la Cyclade, l'engagement carliste, imaginations absurdes et mensongères. Quand il n'eut plus que faire à Milan, il voulait faire à pied le
fameux voyage de la Corniche. A la suite de cette fatigue excessive, il devint malade et dut s'arrêter à l'hôpital de Marseille.
... A Vienne, il fut volé en effet de tout son argent, mille francs, par un individu qui s'était attaché à ses pas pendant le voyage et, se trouvant de cette façon
sans ressources, il dut naturellement faire, sans mendier cependant, sa déclaration à la police et au consulat, qui lui fournit les fonds nécessaires pour son retour en France...
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.../... la suite à venir...
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... On remarque qu'Isabelle s'attache à démonter presque phrase par phrase l'article de ce journaliste... ardennais pourtant...
Souvenirs, souvenirs...
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